Les Français soutiennent la généralisation du tiers-payant.

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Connaissance du projet de loi de santé
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Connaissance du projet de loi de santé
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Odoxa réalise tous les mois pour MNH, le « Carnet de santé des Français », en partenariat avec France Inter et le Figaro.

Questions d'actualité sur le projet de loi santé et la manifestation des médecins

Rien n'est simple ... les Français soutiennent à la fois la généralisation du tiers-payant et la manifestation des médecins contre cette mesure !   Les Français adhèrent majoritairement (60%) à la généralisation du tiers-payant car ils estiment que c'est une mesure socialement juste (65%).

Mais ils sont aussi tout à fait d'accord avec les trois principaux reproches faits par les médecins à cette mesure : Ils estiment ainsi que cela leur générera effectivement un travail supplémentaire (65%), que cela les pénalisera économiquement (52%) en les obligeant à avancer la trésorerie et, plus globalement, ils pensent que cette mesure sera économiquement coûteuse pour la société car cela incitera les patients à ne pas être attentifs à leurs dépenses de santé (58%). A un moment où notre baromètre enregistre justement une poursuite de la hausse des dépenses de santé des Français, l'argument peut porter...

Résultat, alors même que les Français soutiennent la généralisation du tiers-payant, ils sont aussi une nette majorité (55% contre 44%) à soutenir la manifestation des médecins du dimanche 15 mars prochain contre le projet de loi de santé du Gouvernement en estimant que cette manifestation est « justifiée ».

L'autre problème que pose ce débat sur la généralisation du tiers payant et cette contestation des médecins est qu'il s'agit d'un sujet politiquement extrêmement clivant. Ainsi les sympathisants de gauche sont très majoritaires à soutenir (79%) cette mesure et à estimer que la manifestation des médecins n'est pas justifiée (61%) alors qu'inversement, ceux de droite soutiennent très majoritairement les médecins (68%) et sont une majorité à être contre la généralisation du tiers-payant (54%).

Volet barométrique du Carnet de santé : l'impact de la grippe dont le point d'acmé a été atteint le mois dernier se ressent nettement dans notre suivi mensuel

La grippe a eu un impact décisif sur les problèmes de santé des Français au cours de ces deux derniers mois. Avec 27% de Français déclarant avoir été atteints le mois dernier, la grippe était en février la toute première affection ayant touché les Français. L'année dernière à la même époque, elle n'avait touché que 19% de la population et n'était que la 5ème affection ayant frappé les Français.

Démarrée dès la deuxième semaine de janvier, le pic a été enregistré au début du mois de février. Dans notre suivi mensuel, on enregistre assez logiquement un pic comparable assez exceptionnel en février 2015 justement (portant sur le mois précédent) avec une poussée à 30% de Français déclarant avoir été affecté par un problème de santé au cours du mois précédent alors qu'ils n'étaient que 24% en octobre et novembre et 28% en décembre. Corrélativement à ce pic de février désormais « derrière nous », nous enregistrons en mars une décrue des problèmes de santé des Français avec 27% de nos concitoyens déclarant avoir été affecté par un problème de santé.

Sans surprise les trois mois intenses d'hiver - décembre, janvier et février correspondant à nos mesures publiées un mois plus tard en janvier, février et mars (cette vague) - enregistrent un niveau d'affections nettement plus important que le trimestre précédent (24% sur l'automne avec les mois d'octobre et novembre). Ce qui est plus impressionnant est que ces 4 points de hausse observés en moyenne entre les mois d'hiver et ceux d'automne représentent tout de même 1,5 à 2 millions de Français de plus atteints d'une pathologie entre l'automne 2014 et l'hiver 2015. La première des affections ayant touché les Français au cours du mois dernier est, sans surprise, la grippe. Alors que les chiffres officiels du Ministère de la santé annoncent que 2,5 millions de Français affectés, notre enquête suggère qu'ils seraient encore plus nombreux : 27% des 27% de Français adultes ayant eu un problème de santé, soit plus de 3 300 000 personnes, soit 30% de plus que les chiffres officiels.

C'est logique, près de 30% des personnes atteintes d'une affection au cours du mois dernier nous disent justement s'être débrouillées seules, soit en attendant que ça passe (9%) soit en s'auto-médicalisant (19%)

En lien direct avec nos questions d'actualité, le résultat de notre sondage s'agissant des dépenses de santé suggère que la tendance à la hausse observée en 2014 (+3,3% pour la médecine de ville) pourrait bien se confirmer en 2015.

En moyenne, les Français estiment avoir dépensé au cours du mois dernier (février) 82 €. Comparés aux dernières données statistiques complètes IRDES/DREES sur une année entière (données 2013), cela consacrerait une progression importante, si cette tendance se poursuivait tout au long de l'année. En effet en 2013, les dépenses de santé comparables à celles que les Français peuvent restituer dans notre sondage, c'est-à-dire celles correspondant à la médecine de ville (médecins généralistes et spécialistes et infirmières) et aux médicaments représentait 924,20 € par an et par personne, soit 77€ par mois et par personne.

Sur février 2015, le montant moyen de 82€ représente donc une hausse de plus de 6% par rapport à 2013.

Si elle se confirmait dans les mois à venir, cette hausse signifierait que le trend observé sur diverses études statistiques en 2014 serait en train de se poursuivre (+3% entre 2013 et 2014 et de nouveau +3% entre 2014 et 2015). Cela pourrait encore accentuer les critiques portées par ceux qui reprochent à la généralisation du tiers-payant de coûter fort cher à la société...

Le débat est décidément loin d'être clos.

Gaël Sliman, Président d'Odoxa

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3 commentaires - Les Français soutiennent la généralisation du tiers-payant.
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    Marcel55 -

    Tout à fait d'accord avec CALLAGAN. L'illusion de la gratuité ne fera qu'augmenter l'encombrement des salles d'attente par des gens qui vont consulter pour un oui ou un non et encore une fois qui va payer ? Le travailleur-contribuable honnête qui va chez le médecin quand il est réellement malade ! Je ne suis pas spécialement du côté des médecins surtout quand ils réclament des augmentations de consultations alors qu'ils gagnent je pense suffisamment et que surtout chaque fois qu'il y a une augmentation d'1 € cela équivaut la plupart du temps à un SMIC par mois voire plus (!), mais là je suis tout à fait solidaire de leur revendication.

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    Callagan -

    Ce n'est ni plus ni moins qu'une sorte d'assistanat , un de plus...
    De plus , ce système fait perdre aux gens la vraie notion de coût de la santé.
    On consomme de la sante , à la demande , quand on en a envie puisqu'on n' avance pas
    d'argent
    On a l'impression que c'est gratuit , et c'est loin d'être le cas.Ce système est pernicieux et pousse
    plutôt à la consommation qu'à l'économie de dépenses.

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    rose79 -

    si gratuit pour ceux de la CMU qui en abusent, ont tout les droits, en plus il est dit qu'ils en donnent a leurs compatriotes en fraude.

    Ce n'est pas beau cela , alors je suis gavee de toutes ces betises

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    ENNAOR -

    La santé se mérite en ayant un comportement responsable et ce n'est pas en donnant un accès gratuit aux soins qu'on va inciter les gens à se prendre en charge. D'autre part, comme tout ce qui est gratuit se dévalorise, vous irez expliquer aux jeunes étudiants qu'ils font en moyenne 11 ans d'études pour être les larbins de patients à qui "tout est dû"!
    Comme pour l'enseignement, des gens formés et motivés vont voir l'image de leur métier se dégrader et perdre toute sa valeur alors qu'il faut des années d'études et de sacrifices pour décrocher ces diplômes....
    Ou alors, ils deviennent "hauts" fonctionnaires, comme en Suède et ont des salaires très motivants....! Il faut faire des choix dans la société... Quand l'éducation et la santé sont galvaudés, on voit ce qu'il en résulte : baisse du niveau, enseignement et santé à 2 vitesses et aucun gouvernement ne pourra l'empêcher ... Et les plus doués partiront exercer dans des pays "libres"....

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