Vive la science !

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Opinion sur l'implantation de cœur artificiel sur de nouveaux patients
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Opinion sur l'implantation de cœur artificiel sur de nouveaux patients
© ©Odoxa

Odoxa réalise tous les mois pour MNH, le « Carnet de santé des Français », en partenariat avec France Inter et le Figaro.

Vive la science !

Avril consacre un certain répit dans les affections qui frappent tous les mois nos concitoyens. La part des Français ayant eu un problème de santé le mois dernier chute nettement par rapport aux précédents mois d'automne et d'hiver. Malheureusement, la conséquence de ce recul en termes de dépenses de santé de nos concitoyens n'apparait pas évidente, la part des « gros » dépensiers ayant augmenté, et celle des tenants de l'automédication ayant baissé.

Questions d'actualité

En pleine polémique médiatique après le décès d'un second patient qui été greffé d'un cœur artificiel Carmat, Odoxa et la MNH ont souhaité consacrer les questions d'actualité de notre baromètre « Carnet de santé des Français » sur leur rapport aux avancées scientifiques dans la médecine. Il en ressort paradoxalement une conviction encore renforcée de nos concitoyens sur leur soutien aux avancées scientifiques. En un mot, les Français pourraient bien nous crier « « vive la science ! »

Le rapport des Français à la science est encore renforcé. Après l'affaire Carmat, ils demandent plus que jamais une poursuite des implantations et croient aux possibilités de succès de la science à l'avenir.

Alors qu'un deuxième patient qui avait été greffé d'un cœur artificiel Carmat vient de décéder la semaine dernière après le décès d'un premier patient fin 2013, nous avons interrogé les Français pour savoir s'il fallait désormais ralentir ou accélérer le rythme prévu de ces implantations. En effet, 20 à 25 nouveaux patients devant être implantés prochainement.

Malgré ce contexte tragique, les Français sont unanimes : 80% d'entre eux estiment en effet qu'il « ne faut surtout pas retarder ces implantations sur de nouveaux patients car il en va de leur survie et du progrès de la santé contre seulement 18% qui estiment à l'inverse que « ces décès devraient inciter à différer les futures décisions d'implantation d'un cœur artificiel sur de nouveaux patients ».

Ce qui explique probablement leur soutien est que, globalement, au-delà de « l'affaire Carmat », les Français sont convaincus (90%) « qu'un jour la science et la technologie permettront à des patients de vivre pendant des années sans difficulté avec des organes vitaux greffés comme un cœur ». Ils sont presque aussi nombreux à penser que ces progrès permettront à la science « un jour de guérir des maladies graves comme le sida ou le cancer » (89%). Finalement, la seule chose à laquelle ils ne croient pas, car cela fait sans doute trop « science-fiction » à leurs yeux est quelque chose qui existe paradoxalement déjà : ils ne croient pas (56% contre 43% n'y croient pas) que les progrès technologiques « permettront de créer à l'avenir un homme bionique mi-homme mi-machine ».

Or, d'un point de vue strictement factuel, cet homme bionique existe déjà aujourd'hui, des greffés Carmat aux patients vivant avec des prothèses de mains ou de jambes...

Dans le détail, les Français sont de plus en plus nombreux à penser que les avancées scientifiques sont positives et qu'il faut accepter les risques qu'elles comportent.

Afin d'appréhender plus en détail les perceptions des Français sur les progrès scientifiques et l'arbitrage entre risques et opportunités qu'il représente à leurs yeux, et surtout afin de mesurer combien ces perception ont évoluées depuis ces dernières années, nous avons décidé de tester un certain nombre d'idées pour lesquelles il existe des « rappels ». Nous avons pour cela repris des items de questions posées il y a 4 ans, en juin 2011, par nos confrères d'IPSOS pour Logica Business Consulting, La Recherche et Le Monde dans le cadre de leur vaste enquête sur les Français et les sciences. Il ressort de cette analyse que les Français sont à la fois dans l'absolu extrêmement positifs s'agissant des innovations et progrès scientifiques (niveaux moyens d'accord se situant entre 67% et 91% sur les 4 items testés) et surtout qu'ils le sont plus qu'ils ne l'étaient il y a 4 ans.

Premier enseignement : il faut accepter les risques !

91% des Français estiment qu'en matière d'avancées scientifiques, le risque zéro n'existe pas et 86% d'entre eux jugent que la société ne peut pas progresser sans prendre certains risques. Cela représente plus de 20 points de progression de cette idée en l'espace de 4 ans.

Second enseignement majeur : les Français pensent globalement que ces avancées scientifiques ont eu un impact positif depuis 20 ans sur la société Française (81% ; +3 points depuis 2011) et estiment que grâce à la science les générations du futur vivront mieux que celles d'aujourd'hui (67% ; +11 points).

Ainsi, bien que pessimistes par nature - les Français sont l'un des peuples les plus pessimistes au monde dans les enquêtes internationales -, nos concitoyens sont finalement convaincus que, s'agissant du progrès scientifique, demain pourrait être moins sombre qu'aujourd'hui. C'est une performance notable, surtout dans le contexte tragique « Carmat ».

En revanche, ce soutien à la science ne saurait se faire de façon totalement inconditionnelle. A l'heure du succès des pétitions sur la vivisection, les Français n'acceptent pas l'idée que la souffrance animale puisse être légitime ou un corollaire inévitable à ces progrès scientifiques. 62% de nos concitoyens estiment ainsi que la législation sur l'expérimentation animale devrait être « renforcée afin de limiter la souffrance animale, comme pour la vivisection par exemple » alors que seulement 36% estiment au contraire qu'elle devrait être « allégée afin de permettre plus de tests sur les animaux avant l'expérimentation sur les hommes ».

moins de malades en avril ... mais pas moins de dépenses

 Avril consacre un certain répit dans les affections qui frappent tous les mois nos concitoyens. La part des Français ayant eu un problème de santé le mois dernier chute nettement par rapport aux précédents mois d'automne et d'hiver, passant de 27% et 29% ces deux derniers mois à 17% en avril. Les maladies d'hiver sont en très nette baisse : ainsi, la grippe, fléau du mois de février (1er rang lors de notre baromètre publié en mars) et les rhumes et rhinites de mars (1er rang dans le baromètre d'avril) sont en très net recul ce mois-ci. Parmi les Français ayant eu à souffrir d'un problème de santé (nettement moins nombreux en avril qu'en mars), ceux qui ont connu des états grippaux sont passés de 27% ces deux derniers mois, à 11% le mois dernier. Du coup, la première affection - relativement stable dans le temps - concerne les blessures osseuses et musculaires et les rhumatismes. Elles représentent en avril 37% des cas cités par les personnes ayant eu un problème de santé, soit un peu moins de 7% des Français. Ces affections, reléguées derrière les maladies hivernales les mois précédents concernaient un peu plus de 7% des Français le mois dernier (28% des 27% de personnes ayant eu un problème de santé).

Mais, paradoxalement, malgré cette baisse des personnes touchées par un problème de santé, le volume moyen des dépenses de santé en avril n'a pas baissé par rapport aux mois précédents. Il est de 84 € en moyenne en avril ... soit exactement le même montant que le mois dernier (84€ aussi en mars sur le baromètre d'avril), alors qu'à l'époque la part de Français ayant connu un problème de santé était de 12 points supérieure.

Deux explications à ce phénomène : D'une part, la part de dépenses de santé ne se superpose pas du tout à la part de personnes ayant eu à souffrir d'une affection de santé. L'écart entre les deux est même structurellement du simple au double (on fait des dépenses de santé, même si l'on n'a pas été soi-même « malade »). Un mois où les affections touchent moins de Français induit, évidemment, une baisse de la part de ceux qui ont effectué des dépenses, mais cette baisse ne produit pas des effets décisifs sur les dépenses mensuelles.

D'ailleurs, la baisse observée sur les deux indicateurs n'est pas strictement proportionnelle. Ainsi, l'évolution à la baisse des personnes ayant recours à l'automédication ou au « laisser faire » peut compenser ces écarts. En avril par exemple « seulement » 19% des personnes ayant souffert d'une affection ne se sont pas soignées en consultant un médecin alors qu'elles étaient 22% le mois dernier (sur une base de « malades » plus importante). D'autre part, même si la part de Français n'ayant rien dépensé en santé augmente, cela ne fait pas forcément baisser le taux moyen de dépense, car la moyenne est toujours « tirée » vers le haut par le dernier décile de patients dépensant le plus. Le mois dernier par exemple, un tiers des Français a dépensé « zéro euro » en dépenses de santé, soit 5 points de plus que la proportion enregistrée le mois précédent (seulement 28%). Mais, si la part des Français ayant effectué des dépenses de santé en avril a bien baissé par rapport à mars, cela a été compensé par le volume des dépenses de ceux qui se sont montrés les plus « dépensiers ».

Pour la première fois en avril, la tranche des Français ayant dépensé plus de 200 € a atteint les 10% alors qu'elle n'était que de 9% en mars et surtout de 7% en février.

C'est ainsi qu'un mois d'avril qui aura enregistré une nette baisse du nombre de « malades » de ne se traduit pas par une réduction des dépenses moyennes de santé.

Gaël Sliman, Président d'Odoxa

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3 commentaires - Vive la science !
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    pacman -

    De toute façon, la vie est une maladie mortelle, en soi. Ils seraient morts, sinon. Ces expériences ont permis aux patients de prolonger leur vie, alors continuons. La seconde expérience a été plus probante que la première, le patient a pu profiter avantageusement de cette greffe, alors allons-y. Et puis vive la France, en plus :)
    Ceci étant, je suis d'accord avec nanoue2. Nous sommes trop nombreux sur la terre. Plutôt que de s'obstiner à garder en vie les morts-vivants qu'il y a dans les maisons de retraite, laissons la place aux jeunes.

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    nanoue2 -

    Personnellement je suis contre. Ce n'est pas encore assez au point, et trop contraignant pour le patient. De plus, je préfère attendre que la "machine" qu'est notre corps s'arrête d'elle même. Ca ne m'empêche pas de me soigner si j'en ai besoin; Mais il y a des limites à ne pas dépasser, la mort est naturelle, à quoi ça sert de vouloir prolonger la vie indéfiniment, alors que nous sommes déjà trop nombreux sur terre.

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    Quantique -

    Il faut le faire et ce, pour deux raisons :
    1) Cela peut prolonger la vie du patient sans assistance lourde
    2) Même les échecs aident à l'amélioration pour les autres : une personne proche a été opérée du cerveau en 1998 et s'en est remise. Le neurochirurgien nous a dit que dans les années 70's, le décès était assuré mais que c'est grâce à toutes ces interventions dont ils connaissaient alors l'issue qu'ils ont amélioré leur technique opératoire avec les bons résultats que l'on a maintenant.

    Je ne vois donc même pas où se situe le débat hormis chez les intégristes.

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