Régimes : derrière les promesses de minceur, la spirale des kilos

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Pour éviter les achats impulsifs, préparez une liste à l'avance et ne faites pas vos courses le ventre vide.
De bonnes habitudes à adopter au quotidien
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Pour éviter les achats impulsifs, préparez une liste à l'avance et ne faites pas vos courses le ventre vide.
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En France, 7 femmes sur 10 et 1 homme sur 2 se voudraient plus minces. Cette insatisfaction tourne à l'obsession, à en croire la multiplication des régimes en tout genre - on en recense plus de 140 ! - et des compléments minceurs dans les rayons des parapharmacies. Les modèles de magazines aux silhouettes trop souvent retouchées sont source de mal-être par rapport à l'image que l'on a de son propre corps. Ce sentiment pousse à se fixer des objectifs inatteignables. Tous les moyens sont bons pour perdre du poids, y compris les plus onéreux, ce qui vient alimenter le juteux marché de la minceur.

Une reprise des kilos presque inévitable et des risques réels pour la santé

Les méthodes proposées dans les magazines fleurissent, toutes plus originales les unes que les autres. On peut citer par exemple le régime « 5 - 2 » qui promet une perte de poids en instaurant deux jours de restriction seulement dans la semaine, ou encore le régime « paléolithique » qui propose un retour à l'alimentation de nos ancêtres.

Néanmoins ces méthodes se révèlent inefficaces : un régime ne peut pas venir à bout d'un problème d'obésité, qui nécessite une prise en charge médicale car il s'agit d'une véritable maladie, qui impacte les articulations, le cœur, ou encore le souffle. Dans les autres cas, un régime est synonyme de frustration, de lassitude, voire de réels risques pour la santé. Régime Hollywood (diète exclusivement limitée aux fruits), « soupe au chou », ou encore hyper-protéiné : tous ces régimes ont en commun de favoriser la déminéralisation osseuse et la perte de masse musculaire, tout en installant d'importantes carences.

Tout régime, parce qu'il est déséquilibré, a aussi des conséquences qui lui sont propres. C'est ce qu'explique le professeur Irène Margaritis, chef de l'unité d'évaluation des risques liés à la nutrition à l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation (ANSES) : « les régimes pauvres en glucides fatiguent et n'incitent donc pas à bouger davantage. Quant à ceux trop riches en protéines, ils augmentent le travail des reins et comme ils sont aussi souvent trop riches en sel, ils favorisent la fuite urinaire du calcium ». S'y ajoute un impact sur la vie sociale, et sur le moral, avec un sentiment d'échec inévitable.

Selon l'ANSES, 80% des gens reprennent le poids qu'ils ont perdu voire davantage après un an. Même un simple régime de printemps peut faire entrer dans la spirale des kilos, alors qu'il n'est pas toujours justifié. L'impact négatif des compléments alimentaires brûle-graisses, ou coupe-faim est également sous-estimé. Bien que leur efficacité pour perdre du poids ne soit, la plupart du temps, pas scientifiquement prouvée, une personne sur cinq en France avoue en consommer. L'ANSES met en garde sur ces produits qui peuvent engendrer des troubles cardiaques, rénaux, digestifs, d'autant plus lorsque la dose consommée est excessive, ou qu'ils sont combinés avec d'autres substances actives.

Le manque d'efficacité des régimes est surtout dû au manque de vision à long terme. La plupart des régimes stressent l'organisme, et donnent lieu à une chaîne de réactions physiologiques, menant à la reprise du poids perdu - voire au-delà - dès le retour à une alimentation normale. C'est ce qu'a vécu Richard, un francilien bon vivant qui s'est laissé tenter par un régime hyperprotéiné. « J'ai eu moins de temps pour le sport, et comme j'avais gardé un très bon appétit, les kilos ont commencé à s'installer » explique-t-il. Mais il se rend vite compte que la perte de poids rapide et facile, pour cet amateur de viande, s'accompagne d'une reprise impressionnante à chaque écart : « Je perdais dix kilos sans souffrir de la faim, mais dès que je faisais moins attention, j'en reprenais douze, j'en perdais huit, et j'en reprenais quatorze... ». Au final, même s'il a perdu vingt-trois kilos au total, il en a repris trente-cinq à l'arrêt de ses efforts, assombrissant nettement le bilan de son régime. C'est en consultant son médecin traitant qu'il a enfin réussi à faire la paix avec son corps. Même s'il n'a pas complètement perdu le poids qu'il avait pris, il a repris une activité sportive et adopté des habitudes alimentaires plus saines, comme être plus à l'écoute de son corps, et attendre la sensation de faim pour manger.

Une rééducation alimentaire est plus efficace qu'un régime

Pour déterminer si oui ou non une personne a besoin de perdre du poids, deux facteurs sont à prendre en considération : : l'IMC, ou Indice de Masse Corporelle, établi en divisant le poids d'un individu par sa taille au carré. Lorsque celui-ci est compris entre 18,5 et 25, un régime n'est pas nécessaire. L'obésité réelle ne commence qu'à partir de 30 (40 pour l'obésité morbide), et n'est synonyme que de surpoids entre 25 et 30. L'autre facteur est la stabilité de cet indice, qui indique le caractère pathologique ou non de la prise de poids. Ainsi, même si un IMC de 23 n'indique pas un surpoids, un passage rapide de 20 à 23 doit interpeller et mener à une consultation médicale.

Si la plupart des régimes en vogue sont déséquilibrés et favorisent un rebond pondéral, il existe une solution moins traumatisante pour ceux qui ont quelques kilos à perdre. Le docteur Jean Michel Lecerf, auteur d'A chacun son vrai poids. La santé avant tout, explique que « le retour à une alimentation équilibrée et sans excès par rapport aux besoins énergétiques fait aussi bien [que les régimes déséquilibrés] à court terme, mieux à long terme, et tout cela à moindre coût ».

La rééducation alimentaire passe par des changements d'habitudes simples à mettre en place, comme éviter de faire ses courses le ventre vide, arrêter de grignoter entre les repas, ne pas se resservir ou encore ne pas se forcer à manger lorsque l'on n'a plus faim. Priver son organisme de certains aliments sous prétexte qu'ils sont plus caloriques que d'autres ne permet pas de perdre du poids, c'est l'équilibre qui importe : il faut éviter les plats préparés, manger des fruits et légumes à tous les repas, ainsi que des produits laitiers, des protéines une seule fois par jour (viandes, poissons ou œufs), et privilégier les céréales complètes... En bref, suivre les recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS) de l'Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé (INPES).

Un bon équilibre alimentaire doit aussi s'accompagner d'une activité sportive régulière. Une bonne réactivité (compenser un excès en modulant ses quantités ou en faisant plus de sport) permet de stabiliser son poids, et de se sentir mieux dans son corps.

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5 commentaires - Régimes : derrière les promesses de minceur, la spirale des kilos
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    counoel -

    regime,vacances j'ai envoyer mon epouse en corse ,j'ai perdu 63 kilo mais je me suis pesé avec le chat

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    brilaq -

    Surtout ne pas se prendre la tête. ..plus on y pense et plus cela devient obsessionnel.
    J'ai pris la méthode auriculothérapie. ...médecin généraliste avec diplôme. ......il m'a coupé la sensation de faim....déjà pas mal.
    ATTENTION...il faut que ce médecin soit diplômé de cette spécialité. .......ils sont peu en
    France.
    brig

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    RAYOL -

    Natur'house, personne ne m'y a emmené de force bien sur, mais c'est 50 euros par semaine lorsque l'on débute et non pas 50 euros par mois.... C'est différent !! on y croit fort en appliquant à la lettre mais il est vrai qu'il faut faire la phase de stabilisation. Sinon tout revient au galop ou presque ..... Bien dans ses vêtements pendant 7 à 8 mois et doucement les kilos reviennent subrepticement. 600 euros les 7 kilos perdus pour en regagner 5.... Idiotie complète

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    soeursourire -

    Venez bosser sur les chantiers cet été , minceur certifiée !

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    anthinea -

    Perso j'ai appliqué la méthode Slim Data basée sur l'indice glycémique des aliments. 26 kgs de perdus sans effet yoyo.
    Le tout est de s'y tenir tout le temps.
    Bye bye les sucreries, le porc et la charcuterie, les aliments industriels, etc...
    Toutefois 1 fois tous les quinze jours vous pouvez vous faire une pizza ou une barre chocolatée et 1 fois par mois
    vous pouvez délirez à fond !
    Exemple : Gâteaux, mayonnaise, saucisson, etc... Allez-y vous ne risquez rien à part un problème digestif classique.
    C'est ainsi que je procède et ça marche.
    Le secret ? Aucun, tout simplement manger équilibré, c'est là-dessus que cette méthode se base. Pain complet, riz complet, bref tout doit être complet. J'ai lu des articles disant que le complet nuit à la santé. C'est bidon à 100%.
    Voilà !

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    anthinea -

    Si l'indice glycémique était si bidon je n'aurais pas perdu 26kgs. De plus je mange à volonté plein d'aliments, j'évite tout simplement ce qui est rempli de gras et de sucres. Au passe je vous informe que l'indice glycémique est reconnu par les scientifiques car c'est la méthode pour les diabétiques. Alors avant de formuler tenez vous informé.

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