Transmission, symptômes, traitements : comprendre le virus Ebola

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Jusqu'à récemment, Ebola sévissait principalement en Afrique centrale et orientale.
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Jusqu'à récemment, Ebola sévissait principalement en Afrique centrale et orientale.
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Devant l'ampleur prise par l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui frappe l'Afrique de l'Ouest, l'Organisation mondiale de la santé a décrété «une urgence de santé publique de portée mondiale». Près de 2.300 malades en sont morts depuis le début de l'année et près de 4.300 cas présumés ont été détectés.

Premières apparitions du virus

La découverte du virus remonte à 1976, date de la première épidémie enregistrée au Zaïre, l'actuelle République démocratique du Congo, dans une zone proche de la rivière Ebola, dont la maladie a tiré son nom. Il avait alors touché 318 personnes et en avait tué 280. Son origine reste à ce jour débattue. Selon une hypothèse communément admise, certaines espèces de chauves-souris, vivant dans les forêts tropicales d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Ouest, seraient l'hôte naturel d'Ebola. D'autres animaux participeraient également au cycle de transmission. Cinq espèces virales ont été identifiées depuis, mais deux sont responsables de la grande majorité des contaminations: la souche Zaïre - dont une mutation sévit actuellement - et la souche Soudan.

Les zones géographiques touchées

Ebola revient de manière épisodique et à intervalles irréguliers. La dernière résurgence date du début de l'année. L'épidémie s'est d'abord déclarée en Guinée forestière avant de se propager au Liberia, en Sierra Leone et au Nigeria. Jusqu'à récemment, le virus sévissait principalement en Afrique centrale et orientale. De 1976 à 2012, outre la République démocratique du Congo et le Soudan, trois autres pays avaient déjà été touchés par de sérieuses épidémies: le Gabon, l'Ouganda et le Congo. Ensemble, elles auraient tué plus de 2.200 personnes en quarante ans, soit beaucoup moins que le virus du Sida ou le paludisme. Le taux de létalité est lui beaucoup plus élevé, il varie de 25 à 90%, selon les souches. Selon l'OMS, il s'élève actuellement à 54% des cas.

Le virus du chikungunya a touché 8% de la population en Martinique, (31.720 cas, selon un décompte fait entre début décembre et le 1er juin) et 7% en Guadeloupe (28.320 cas). Le directeur scientifique à l'Invs, Jean-Claude Desenclos s'attend à ce que le nombre des malades progressent encore. "L'épidémie est encore devant nous", dit-il.

Les symptômes de la maladie

Les symptômes de l'infection par Ebola sont impressionnants: hémorragies internes et externes, saignements des muqueuses, vomissements et diarrhées souvent accompagnés de sang. Mal irrigués, les organes finissent par se nécroser, et la peau par se ramollir et s'arracher. L'épidémie actuelle en Afrique de l'Ouest induit néanmoins des symptômes légèrement différents.

La transmission du virus

La transmission entre humains est le principal vecteur de l'épidémie. La transmission s'effectue par un contact avec les fluides biologiques d'une personne infectée. La contamination se fait ainsi le plus souvent parmi les proches ou le personnel soignant. Mais les personnes décédées restent contagieuses et un contact physique avec un cadavre est dangereux. Les rituels funéraires joueraient ainsi un rôle très important dans la transmission de la maladie.

Traitement de l'épidémie

Aucun vaccin ou traitement contre la fièvre hémorragique due au virus Ebola n'est à l'heure actuelle homologué par les autorités de santé. Mais plusieurs pistes sont explorées par la recherche.

Le sérum ZMapp

Du côté des traitements curatifs, le sérum dit «ZMapp», mis au point par la société américaine Mapp Biopharmaceuticals, est un cocktail d'anticorps monoclonaux qui entraîne une réponse immunitaire contre des protéines situées à la surface du virus Ebola. L'efficacité est immédiate, contrairement à un vaccin, qui met souvent plusieurs semaines à «apprendre» à l'organisme à lutter contre une maladie. ZMapp a été testé sur des singes, avec une efficacité d'autant plus grande que le traitement était donné tôt après l'infection.

Les sérums «de convalescence»

Les sérums dits «de convalescence» sont une autre piste. Il s'agit de prélever, chez des personnes ayant contracté la maladie puis guéri, du plasma que l'on réinjectera au malade. Les anticorps produits par le donneur peuvent alors aider le receveur à lutter contre l'infection. La technique aurait été utilisée dès 1976 pour traiter un laborantin infecté, mais les données récoltées depuis se sont avérées peu concluantes et des études ont montré que ces sérums pourraient contenir du virus encore vivant.

Le TKM-Ebola

Le TKM-Ebola, de la société canadienne Tekmira, utilise la technique de «l'interférence par ARN» : celle-ci vise à rendre «silencieux» des gènes cibles en bloquant la production de protéines spécifiques. Ce phénomène a valu un prix Nobel à ses découvreurs en 2006. Un premier essai clinique chez des volontaires sains avait été stoppé en juillet par l'agence américaine du médicament (FDA) à cause d'effets secondaires, mais cette dernière s'est ravisée devant l'urgence.

Le Favipiravir

Le Favipiravir (T-705) de Toyama Chemical, filiale de Fujifilm, est un antiviral actif notamment contre la grippe. Il agit contre une enzyme spécifique qui permet au virus Ebola de se multiplier. Les antiviraux, qui stoppent ou freinent la multiplication du virus, sont «la priorité», selon le Pr Hervé Raoul (Inserm, laboratoire Jean Mérieux à Lyon) cité par l'AFP, car «il y a une corrélation entre la quantité de virus et l'aggravation de l'état du patient. Donné à temps, un médicament qui bloquerait cette prolifération pourrait permettre au malade de récupérer avec ses propres défenses».

Plusieurs pistes pour des vaccins préventifs

Du côté des vaccins préventifs, diverses stratégies ont été explorées et plusieurs candidats sont à l'essai. Le britannique GlaxoSmithKline (GSK) s'apprête à tester sur l'homme un vaccin préventif: deux gènes (non infectieux) d'Ebola, insérés dans un vecteur viral, produisent une protéine spécifique du virus que l'organisme apprend alors à «reconnaître» et à combattre.

La société biopharmaceutique Crucell (Johnson & Johnson) développe un vaccin contre le virus Ebola et celui, très proche, de la fièvre de Marburg. La société américaine Profectus Biosciences explore l'usage d'un virus animal comme vecteur. Enfin, l'Institut américain de recherche médicale (NIH) et l'Université Thomas Jefferson étudient plusieurs pistes sur la base d'un vaccin contre la rage, qui permettraient de prévenir ces deux maladies à la fois, d'une part chez l'homme, d'autre part chez la faune sauvage qui est l'un des réservoirs du virus Ebola.

Inquiétudes autour de cette nouvelle épidémie

Les acteurs de cette crise sanitaire sont nombreux à s'inquiéter de cette dernière résurgence du virus. L'OMS estime qu'Ebola devrait continuer à se propager pendant plusieurs mois. Or, il s'agit déjà de la pire épidémie de l'histoire de cette maladie depuis sa découverte et le nombre de victimes croit de façon exponentielle. D'autant que sa dispersion et la multiplication des foyers rendent le phénomène difficile à endiguer. De nombreux spécialistes s'inquiètent aussi de voir pour la première fois la maladie prospérer en milieu urbain. Le travail du personnel de santé est aussi compliqué par la méfiance de la population locale vis-à-vis des soignants occidentaux.

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