Chikungunya: "au moins 4 à 5000 cas" en Polynésie française

Chikungunya: ©Christophe Simon

publié le 13 novembre 2014 à 08h11

Transmis par un moustique, le chikungunya provoque de fortes fièvres et des douleurs articulaires

"Au moins 4 à 5000 cas de chikungunya" ont été diagnostiqués en Polynésie française, a indiqué mercredi à l'AFP le Dr Henri-Pierre Mallet, responsable du bureau de veille sanitaire dans cette collectivité.

"On n'est sans doute pas encore au pic de l'épidémie, si on se base sur l'expérience des Antilles", a ajouté le Dr Mallet.

Tous ces cas ne sont pas avérés : la Direction de la Santé locale ne préconise plus les prélèvements sanguins, car les médecins savent désormais bien diagnostiquer la maladie.

Le chikungunya est un virus transmis par les moustiques. Il frappe la Polynésie depuis à peine plus d'un mois. Les premiers cas ont été annoncés par les autorités sanitaires le 10 octobre.

Les urgences des hôpitaux connaissent une forte affluence. Dans le principal d'entre eux, le centre hospitalier du Taaone, "on reçoit 70 à 80% de patients en plus depuis six jours", indique à l'AFP un médecin urgentiste qui souhaite rester anonyme.

Cet hôpital a bien créé une filière courte de consultation, pour traiter à part le chikungunya et les vraies urgences. Car les patients atteints par le virus ne relèvent pas, pour la plupart, d'une consultation en urgence. Mais, faute de personnel, cette filière courte ne peut être ouverte en permanence.

"Ca encombre les urgences parce qu'il y a beaucoup de gens qui ne peuvent pas payer une consultation chez le généraliste", analyse le même médecin.

Seuls les bébés, et les personnes âgées ou fragiles doivent consulter aux urgences. Les autres attendent souvent plus de six heures avec une forte fièvre, pour se voir prescrire du paracétamol. Seuls les symptômes peuvent être traités, et les patients se rétablissent pour la plupart en quelques jours.

Le travail des médecins est alourdi par deux autres épidémies simultanées : l'une de grippe, l'autre de dengue, qui se transmet aussi par le moustique.

Le chikungunya entraîne pour le moment moins de complications que le zika, une épidémie qui a frappé la Polynésie un an plus tôt. On recense tout de même 65 hospitalisations et un cas sévère.

Les urgentistes souhaitent des renforts de la part des autres médecins de santé publique. Surtout si l'épidémie touche massivement le personnel soignant.

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