Dépression de l'ado: le généraliste acteur-clé de repérage

Dépression de l'ado: le généraliste acteur-clé de repérage©Marc Le Chelard

publié le 16 décembre 2014 à 19h12

Un médecin généraliste remplit une feuille de soin en janvier 2002 à Vitry-Sur-Seine

Les parents s'inquiètent souvent pour leurs ados, leur accès d'humeur et de déprime : pour répondre à leurs interrogations et ne pas passer à côté d'une vraie dépression qui peut avoir des conséquences graves, le médecin généraliste peut être le premier recours, selon la Haute autorité de santé.

En France, 8% d'adolescents entre 12 et 18 ans souffriraient de dépression (légère, modérée ou sévère) et un tiers d'entre eux ferait une tentative de suicide, relève la Haute autorité de santé (HAS) qui publie en ligne mardi un guide pour repérer et prendre en charge la dépression difficile à détecter pendant cette période de la vie.

Ce document à l'attention des généralistes "acteurs-clé du repérage" comprend des grilles d'aide au diagnostic dont une destinée au adolescents eux-mêmes.

Dans la plupart des cas, le mal être, les sautes d'humeur, la déprime font partie de la "perte de l'enfance", rassure le Dr Francois Bridier, pédopsychiatre qui a présidé le groupe de travail de l'HAS sur le sujet.

"Ce qui compte c'est l'intensité des symptômes", dit-il à l'AFP.

Ce qui caractérise une dépression c'est l'intensité, la permanence des symptômes et leur durée sur au moins 15 jours (troubles du sommeil, perte de plaisir, humeur dépressive ou irritable etc.). Ainsi par exemple un perte d'appétit n'est pas forcément grave (chagrin d'amour) ou la morosité d'un ado pas forcément permanente, comme par exemple quand il sourit et s'anime quand son copain passe le voir ou l'emmène au cinéma, ajoute le spécialiste.

Plus un ado va mal, moins il va demander de l'aide : il va tenter de dissuader ses parents de s'occuper de lui; mais les parents ne doivent pas abandonner devant ses récriminations car il faut entendre le message inverse et s'en occuper, conseille-t-il. "L'ado leur en sera reconnaissant plus tard", remarque-t-il.

La consultation prend du temps (dont une partie avec les parents, l'autre sans eux) car il s'agit d'établir une relation de confiance avec l'ado qui a du mal à exprimer son ressenti, et afin aussi de le faire revenir si besoin. Ensuite, le généraliste peut, selon les cas, exercer un rôle de soutien, voire suggérer de consulter un spécialiste. Dans certaines situations, le recours à une hospitalisation peut s'avérer nécessaire (passage à l'acte suicidaire imminent...).

Dans ce guide, "il est recommandé de ne pas prescrire d'emblée un antidépresseur à la première consultation car ce n'est pas un médicament d'urgence", souligne le Dr Bridier. L'antidépresseur (en l'occurrence le Prozac) peut en revanche intervenir notamment lors d'une aggravation après 4 à 8 semaines de psychothérapie d'accompagnement ou quand des signes gravité empêche tout travail relationnel avec le jeune patient.

sur le même thème

Carnet de santé de Mars 2016
carnet de santé
Carnet de santé de Mars 2016
Les Français soutiennent la hausse du paquet de cigarettes à 10€ et les fumeurs reconnaissent le...
L'art de la pensée positive
focus sur
L'art de la pensée positive
Prenons l'exemple de la nouvelle année. Au-delà des festivités, c'est l'occasion de se remettre...
Quiz audition
quiz
Quiz audition
Après un concert, on peut avoir des bourdonnements, mais ça passe... Les effets sonores sont-ils...
 
0 commentaire - Dépression de l'ado: le généraliste acteur-clé de repérage
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]