Des consultations gratuites à Paris pour prévenir le suicide des jeunes

Des consultations gratuites à Paris pour prévenir le suicide des jeunes©Fred Dufour

publié le 09 septembre 2014 à 20h09

Logo de l'Assurance Maladie devant un bâtiment de la Caisse primaire d'Assurance Maladie (CPAM) à Paris le 23 octobre 2012

L'association Phare Enfants-Parents et la CPAM de Paris ont mis en place un suivi psychologique gratuit pour les moins de 18 ans en souffrance, pour prévenir le suicide qui est la deuxième cause de décès chez les jeunes de moins de 24 ans, ont-elles annoncé mardi.

A l'occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, mercredi, les deux partenaires ont détaillé leur dispositif, réservé aux affiliés de la CPAM Paris et accessible sous conditions de ressources des parents.

Les consultations chez les psychologues libéraux, qui ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale, sont intégralement prises en charge quand elles ont lieu dans un centre médico-psychologique. Mais "il faut attendre plusieurs jours, des semaines, voire des mois" pour obtenir un rendez-vous, alors qu'"il y a urgence quand il y a un risque suicidaire", a souligné auprès de l'AFP Thérèse Hannier, présidente de Phare Enfants-Parents.

L'initiative vise donc à ce que les jeunes bénéficient rapidement d'un suivi pour les aider à surmonter leur mal-être. Dix-sept psychologues libéraux y participent, et Mme Hannier estime qu'"une centaine de jeunes" par an pourraient potentiellement bénéficier du dispositif, rodé depuis le début de l'année.

Les adolescents initiant rarement eux-mêmes la démarche, ce sont le plus souvent des tiers qui les orientent vers le dispositif, souvent leur famille. Phare espère également une implication du corps médical et du milieu scolaire, où la diffusion de messages d'information et de prévention reste timide sur ce sujet encore "tabou".

Jean-Loup Nicolaï, responsable du département Solidarités de la CPAM de Paris, estime à quelque 2.000 euros le coût de la prise en charge d'un jeune sur une année.

"Dans le suicide, il existe un désir inconscient qui ne vise pas nécessairement la mort", souligne la psychologue Stéphanie Jules. La démarche d'aide pourra comporter pour le jeune un maximum de 26 consultations auprès d'un psychologue dans une année, et trois pour sa famille.

Si le nombre de suicides des jeunes a diminué de moitié ces deux dernières décennies, plus de 500 moins de 24 ans se donnent encore la mort chaque année, sans compter "des dizaines de milliers" de tentatives de suicide, déplore l'association.

Dans son dernier "Observatoire des souffrances psychiques", basé sur ses statistiques d'écoute, SOS amitié soulignait que les trois premiers motifs de mal-être évoqués par les moins de 16 ans sont, "de loin, les problèmes relationnels, puis la souffrance psychique et la violence".

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