Ebola: la mobilisation commence à payer

Ebola: la mobilisation commence à payer©Zoom Dosso

publié le 07 novembre 2014 à 19h11

Des soldats américains apprennent à des professionnels de santé la façon de porter efficacement une combinaison de protection, le 7 novembre 2014 à Monrovia au Libéria

La mobilisation internationale contre l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest a réduit son retard sur le virus, qui poursuit néanmoins sa propagation, faisant des milliers de morts non comptabilisés dans un bilan déjà lourd, selon les autorités sanitaires.

Au niveau continental, la Confédération africaine de football (CAF) a donné jusqu'à samedi au Maroc, pays organisateur de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) prévue en janvier-février 2015, pour décider s'il renonce finalement à accueillir la compétition, la CAF ayant refusé sa demande de report pour cause d'Ebola.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) s'est dite certaine de la baisse du nombre de nouveaux cas "dans certaines régions", en particulier au Liberia, pays le plus touché, mais a reconnu que la transmission restait intense dans l'ouest de la Sierra Leone, comprenant la capitale, Freetown, et dans le sud de la Guinée.

C'est dans cette dernière région que s'est déclarée en décembre 2013 l'épidémie, la plus grave de l'histoire de cette fièvre hémorragique identifiée en 1976 en Afrique centrale: 4.960 personnes sont mortes sur 13.268 cas recensés, dans leur immense majorité dans ces trois pays, selon le dernier bilan de l'OMS arrêté au 4 novembre.

"Il y a beaucoup de morts qui manquent dans cette épidémie", a souligné Christopher Dye, directeur de la stratégie de l'OMS, évoquant la persistance de pratiques funéraires clandestines à risques, avec lavage et toucher des corps.

Le virus se transmet par contact direct avec les fluides corporels, provoquant une fièvre qui se manifeste par des hémorragies, des vomissements et des diarrhées.

Le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma a tancé mercredi les responsables locaux de la région rurale de l'ouest du pays, les sommant de mettre fin aux rites mortuaires impliquant le moindre contact avec les corps.

"Vous devez arrêter l'hypocrisie dans la lutte contre Ebola", leur a-t-il lancé, rappelant que l'état d'urgence était en vigueur.

En vertu des pouvoirs conférés par l'état d'urgence, M. Koroma a fait arrêter mardi l'animateur d'une émission de radio qui avait donné la parole à un responsable de l'opposition critiquant la gestion de la lutte contre Ebola dans le pays.

L'Ordre des avocats a demandé à la police de rendre publiques les raisons de l'arrestation et les éventuelles charges retenues contre David Tam Baryoh, toujours détenu vendredi, malgré les protestations d'organisations des droits de l'Homme.

Un porte-parole du gouvernement, Ajibu Jalloh, a qualifié les propos tenus le 1er novembre sur la radio privée Citizen FM d"'irresponsables", affirmant qu'ils "nuisaient aux efforts du gouvernement pour mettre fin à la crise d'Ebola".

- Risque d'expansion mondiale en baisse -

Au terme d'une visite de trois jours en Sierra Leone, la directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM), Ertharin Cousin, a salué jeudi des avancées, appelant à la "vigilance" et la mobilisation internationales pour les préserver car "avec cette maladie, les progrès peuvent être éphémères".

Au Liberia, qui compte pour plus de la moitié des cas et des morts, la stabilisation semblait se confirmer, après un afflux de matériel et de personnel, notamment le déploiement de plus d'un millier de militaires américains, dont les effectifs pourraient atteindre à terme près de 4.000 pour la région.

La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf a inauguré mercredi avec l'ambassadrice des Etats-Unis un hôpital de 25 lits pour les soignants, particulièrement touchés (546 contaminés, 310 morts), construit par les armées des deux pays près de l'aéroport international.

Le chef de la Mission des Nations unies pour coordonner la lutte contre Ebola (UNMEER, basée au Ghana), Anthony Banbury, a indiqué ne pas encore disposer des moyens d'enrayer la propagation, soulignant qu'il restait "des gens, des villages, des villes et des zones qui ne reçoivent aucun type d'aide pour le moment".

L'ONU a annoncé cette semaine avoir reçu 572 des 988 millions de dollars (près de 459 des 792 millions d'euros) qu'elle a réclamés pour arrêter Ebola.

Le président américain Barack Obama a demandé au Congrès plus de 6 milliards de dollars (plus de 4,8 milliards d'euros) de fonds d'urgence pour la lutte en Afrique et pour gérer le risque aux Etats-Unis, où l'état de santé d'un médecin de retour de mission en Guinée s'améliorait.

Le Japon a annoncé vendredi pour sa part qu'il allait porter de 40 millions à 140 millions de dollars (de plus de 32 millions à plus de 80 millions d'euros) son aide à la lutte contre l'épidémie.

Dans le monde, la psychose créée par le virus, qui avait atteint son paroxysme après les premiers cas de contamination hors d'Afrique - une aide-soignante en Espagne, sortie cette semaine de l'hôpital, et deux autres aux Etats-Unis, toutes trois guéries - a reflué, sans pour autant disparaître.

L'OMS a ainsi demandé au Canada et à l'Australie de justifier leurs décisions la semaine dernière de suspendre l'immigration en provenance des pays africains touchés, réaffirmant que la fermeture des frontières était contre-productive dans la lutte contre l'épidémie.

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