Ebola: New York sur le pied de guerre face à la menace

Ebola: New York sur le pied de guerre face à la menace©Spencer Platt

publié le 10 octobre 2014 à 09h10

Du personnel soignant de l'hôpital Bellevue de New York montre les tenues de protection qu'il devra revêtir en présence de patients potentiellement atteints du virus Ebola, le 8 octobre 2014

Contrôles renforcés aux aéroports, mesures exceptionnelles dans les hôpitaux, déclarations pour rassurer le public: New York est sur le pied de guerre face à la menace du virus Ebola qui a fait mercredi sa première victime aux Etats-Unis, au Texas.

Alors que les télévisions américaines couvrent largement les craintes associées au virus qui a déjà tué 3.900 personnes en Afrique de l'Ouest, le maire de New York Bill de Blasio a présidé jeudi une "réunion de préparation à Ebola", réunissant des représentants de tous les secteurs concernés, services d'urgence, police, pompiers, hôpitaux, médecin légiste, avec lesquels il a discuté de différents scénarios.

"Il n'y a pas de raison de s'inquiéter", a-t-il insisté. "Il n'y a pas de cas d'Ebola à New York". Et si quelqu'un en montrait les symptômes, "nous avons un protocole clair pour gérer la situation", a-t-il ajouté, en affirmant que la ville-monde de 8,3 millions d'habitants, la plus grande des Etats-Unis, était "particulièrement bien préparée".

"Les médecins, hôpitaux et personnels d'urgence sont formés pour détecter la maladie et isoler le plus vite possible quelqu'un qui serait atteint", a-t-il insisté.

Le site internet de la mairie offre désormais des informations et conseils sur Ebola aux New-Yorkais, aux universités, aux écoles et garderies, ainsi qu'aux professionnels de santé.

L'hôpital Bellevue à Manhattan sera celui qui traitera d'éventuels malades d'Ebola. Il a ouvert ses portes mercredi à des journalistes locaux, invités à découvrir ses chambres d'isolement aux portes vitrées, ainsi que les tenues de protection de son personnel.

"Nous faisons tout ce que nous pouvons et nous pensons être prêts", a déclaré le responsable de la Health and Hospitals Corporation (HHC), le docteur Ross Wilson, qui supervise les hôpitaux de la ville.

- Tests avec de faux malades -

Pour tester les réactions du personnel des 11 hôpitaux publics de New York, par rapport au protocole en place, des faux malades ont même été envoyés aux urgences, affirmant avoir mal à la tête, mal au ventre et de la fièvre, autant de symptômes d'Ebola.

Les standardistes du "911" le numéro de téléphone à composer en cas d'urgence, ont aussi été formés à poser des questions pour repérer d'éventuels malades.

L'erreur commise à Dallas, où Thomas Eric Duncan, le patient décédé mercredi, avait dans un premier temps été renvoyé chez lui alors que l'hôpital savait qu'il arrivait d'Afrique (où il avait contracté le virus) n'est pas passée inaperçue à New York.

Pour M. Wilson, les exercices et simulations menées depuis trois semaines devraient réduire le risque d'une telle erreur.

Autre mesure de sécurité, dès samedi, l'aéroport JF Kennedy, principal aéroport international de la ville, va renforcer les contrôles des voyageurs en provenance du Liberia, de la Sierra Leone et de la Guinée, les trois pays africains les plus touchés.

Ils ne sont que quelques dizaines par jour, dans un aéroport qui a vu passer l'an dernier 50,4 millions de voyageurs.

Mais déjà contrôlés dans leur aéroport d'origine, ils devront désormais à leur arrivée répondre à un questionnaire de santé et se faire prendre leur température. S'ils ont de la fièvre, ou si le questionnaire laisse penser qu'ils pourraient avoir été exposés au virus, ils seront alors envoyés vers un spécialiste des CDC, les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies, instance fédérale de la santé. Il reprendra leur température (sans contact), et évaluera la situation, les envoyant si besoin à l'hôpital Bellevue.

JFK est le premier de cinq aéroports où ces contrôles seront mis en place. Suivront Newark, un autre des aéroports desservant New York, Washington-Dulles, Atlanta et Chicago, la semaine prochaine.

Ces mesures n'ont cependant pas rassuré tout le monde.

Quelque 200 personnes employées à nettoyer les cabines des avions se sont ainsi brièvement mises en grève à l'aéroport La Guardia de New York mercredi soir, inquiètes des risques qu'elles pourraient courir. Après avoir reçu une formation jeudi, elles devaient reprendre le travail.

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