Ebola: rentrée scolaire sans grande affluence en Guinée, épidémie terminée au Mali

Ebola: rentrée scolaire sans grande affluence en Guinée, épidémie terminée au Mali©Habibou Kouyate

publié le 19 janvier 2015 à 19h01

Des habitants de Kouremale près d'un bidon pour se laver les mains, lors de l'épidémie d'Ebola, le 17 novembre 2014, près de la frontière avec la Guinée

Le retour progressif à la normale dans les pays africains frappés par Ebola s'accentuait lundi avec la rentrée scolaire en Guinée, sans grande affluence, au lendemain de la fin officielle de l'épidémie au Mali voisin.

Quelque 2,5 millions d'élèves du primaire et du secondaire, sans compter les nouveaux inscrits, étaient appelés à reprendre le chemin des classes avec près de quatre mois de retard sur le calendrier en Guinée, le premier des trois pays les plus touchés à rouvrir ses écoles, avant le Liberia et la Sierra Leone.

Mais cette décision, annoncée le 14 janvier, a pris de court élèves, parents et enseignants. De nombreux habitants ont expliqué n'avoir pas eu le temps de se préparer à rejoindre leurs zones d'affectation, ou de trouver l'argent pour acheter les fournitures, à l'approche de la fin du mois.

"Jusqu'à présent il n'y a pas de présence massive des élèves et des professeurs", a reconnu Nabé Karamou, enseignant de géographie dans un collège de la banlieue de Conakry, où des journalistes de l'AFP ont noté une faible affluence.

En annonçant cette rentrée impromptue, le gouvernement avait promis de fournir à tous les établissements des kits sanitaires, notamment du chlore, des thermomètres, du savon et des équipes de surveillance et de suivi des enfants pour déceler d'éventuels cas de fièvre.

Une promesse qui n'était pas suivie d'effet dans certaines écoles visitées par l'AFP. Se disant "pas rassurée" par ce qu'elle a constaté, Mme Fanta Camara a décidé de ramener chez elle sa fille, inscrite à l'école Victor Hugo, pour éviter tout risque.

Au Liberia voisin, les autorités ont programmé pour le 2 février la réouverture des écoles, fermées depuis fin juillet.

La Sierra Leone n'a pas pour l'heure pas fixé de date pour la reprise des cours, mais elle a lancé lundi une nouvelle campagne de porte-à-porte pour deux semaines dans sa région de l'Ouest, comprenant Freetown, pour y freiner l'épidémie.

Une première phase de cette opération dite "Western Area Surge", conduite du 17 au 31 décembre, avait permis de conduire vers les centres de prise en charge 944 patients, dont 263 ont été confirmés positifs à Ebola, a affirmé à l'AFP un porte-parole des autorités sanitaires, Yahya Tunis.

- Ebola chassé de trois pays africains -

La Guinée, la Sierra Leone et le Liberia concentrent la quasi totalité des plus de 8.600 décès dus au virus Ebola identifiés sur quelque 22.000 cas recensés, selon un bilan publié lundi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et arrêté au 17 janvier, avec une nette décrue depuis au moins le début de l'année.

Le Mali, dernier pays africain touché, en a officiellement fini avec l'épidémie dimanche, à l'issue de 42 jours écoulés sans aucun nouveau cas, ont annoncé à Bamako le ministre malien de la Santé, Ousmane Koné, et le chef de la Mission des Nations unies pour la lutte contre Ebola (UNMEER) sur place, Dr Ousmane Socé Fall.

Cet Etat est le troisième d'Afrique de l'Ouest à avoir réussi à se débarrasser du virus après le Sénégal et le Nigeria en octobre.

En dépit de ces avancées, "nous n'avons pas le droit de baisser la garde. Le combat continue", a déclaré le Dr Fall.

Un message auquel semblaient indifférents certains résidents de Bamako, qui ont déjà recommencé à se serrer la main.

"Se serrer la main est une tradition ici, mais il est bon que les Maliens gardent les habitudes d'hygiène recommandées", a dit à l'AFP Mohamed Touré, un commerçant.

En Guinée, un centre de traitement des soignants, particulièrement exposés, construit et géré par l'armée française à l'aéroport de Conakry a été inauguré en présence du secrétaire d'Etat français aux Anciens combattants, Jean-Marc Todeschini.

le président Alpha Condé a annoncé samedi avoir autorisé les responsables administratifs à "utiliser désormais les forces de la gendarmerie et de la police pour que toute personne qui refuse d'être soignée par les médecins soit arrêtée".

"Nous avons longtemps communiqué mais il y a des personnes qui ne veulent pas qu'Ebola finisse", a déclaré M. Condé à Kindia (130 km au nord de Conakry), lors de l'inauguration d'un centre anti-Ebola.

La Guinée a enregistré des réactions hostiles, parfois meurtrières, aux actions de lutte contre Ebola.

Le 10 janvier, un policier et son chauffeur ont été tués près de Forécariah (sud-ouest) par des habitants qui les accusaient de propager le virus après le décès soudain d'un villageois auquel ils avaient donné des calmants. 26 personnes ont été arrêtées en lien avec ces violences, selon un haut responsable sécuritaire.

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