Equateur: des Américains accusés de prélèvements sanguins illégaux en Amazonie

Equateur: des Américains accusés de prélèvements sanguins illégaux en Amazonie©Juan Cevallos

publié le 17 juin 2014 à 00h06

Le président équatorien Rafael Correa à Quito le 4 juin 2014

Plus de 3.000 prise de sang illégales ont été effectuées sans autorisation dans une communauté indigène en Amazonie équatorienne à des fins scientifiques pour le compte d'organismes américains, ont annoncé lundi les autorités de Quito.

Le Secrétaire d'Etat à l'Éducation et aux Sciences, René Ramirez, a estimé à "3.500 cas" le nombre de prélèvements réalisés il y a plus de trente ans auprès de 600 membres d'une tribu Waorani, une ethnie réputée pour sa résistance aux maladies.

"Il s'agit de communautés qui présentent des caractéristiques uniques au niveau mondial", a expliqué à la presse M. Ramirez, assurant que 80% des prises de sang ont été effectuées sans consentement, alors que "personne ne savait qu'elles étaient faites à des fins d'investigations".

Trois organismes américains sont pointés du doigt par le gouvernement équatorien: la compagnie pétrolière Maxus, qui a opéré dans le pays jusqu'aux années 90, le laboratoire Coriell et la Harvard Medical School.

Cette affaire avait été révélée il y a deux ans par le président équatorien Rafael Correa qui avait dénoncé la violation de la communauté indigène et annoncé la constitution d'une plainte contre les organismes américains.

Vendredi dernier, M. Correa a admis que ce combat constituait une "lutte difficile", faute d'"une loi fédérale aux Etats-Unis offrant un fondement juridique".

"La loi protège jusqu'aux droits d'auteur mais pas les individus qui se font prendre leur sang sans leur consentement", a déploré le dirigeant socialiste, dont le gouvernement entretient des relations conflictuelles avec les Etats-Unis.

La Constitution équatorienne interdit "l'utilisation de matériel génétique et l'expérimentation scientifique qui porte atteinte aux droits de l'homme".

Il y a deux ans, l'ambassade des Etats-Unis à Quito avait affirmé ne pas être mêlée à cette affaire. Interrogé lundi par l'AFP, un porte-parole diplomatique n'a pas souhaité faire de commentaire dans l'immédiat.

En 2012, le laboratoire Coriell, basé au New Jersey, avait admis avoir été en possession de matériel génétique prélevé à la tribu équatorienne, précisant l'avoir obtenu auprès d'un chercheur de la Harvard Medical School et en avoir distribué des échantillons à des fins scientifiques et non commerciales.

Selon des témoignages diffusés par le Défenseur du peuple, le médiateur national, les membres de cette communauté amazonienne auraient été trompés par deux Américains, dont un médecin travaillant pour la compagnie pétrolière, originaire du Texas. Ces derniers leur auraient ainsi proposé d'effectuer des examens médicaux, sans révéler le véritable but de ces prélèvements.

"Il a été prouvé que l'institut Coriell a dans ses stocks et des échantillons et vend du matériel génétique issu de la communauté Woarani", selon le rapport du Défenseur.

sur le même thème

Carnet de santé de Mars 2016
carnet de santé
Carnet de santé de Mars 2016
Les Français soutiennent la hausse du paquet de cigarettes à 10€ et les fumeurs reconnaissent le...
L'art de la pensée positive
focus sur
L'art de la pensée positive
Prenons l'exemple de la nouvelle année. Au-delà des festivités, c'est l'occasion de se remettre...
Quiz IMC
quiz
Quiz IMC
Saisissez votre poids et votre taille pour calculer votre Indice de Masse Corporelle
 
0 commentaire - Equateur: des Américains accusés de prélèvements sanguins illégaux en Amazonie
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]