Exercice Ebola: "scénario catastrophe" à l'hôpital de Strasbourg"

Exercice Ebola: ©Frederick Florin

publié le 24 octobre 2014 à 17h10

Un membre de l'équipe médical de l'hôpital de Strasbourg transporte une femme simulant des symptômes du virus Ebola, le 24 octobre 2014

Une patiente atteinte de fièvre et de retour d'Afrique se présente aux urgences au CHU de Strasbourg: tenues anti-infectieuses, chambre d'isolement et test sanguin, les hôpitaux universitaires de Strasbourg ont organisé, vendredi matin, un "exercice Ebola" grandeur nature.

Selon le scénario retenu, une femme d'une quarantaine d'années est arrivée, par ses propres moyens, à 8H00 par l'entrée principale des urgences avec plus de 38 degrés de fièvre et "une suspicion de virus Ebola".

L'opération, préparée en toute confidentialité par la direction des hôpitaux, devait permettre d'évaluer la capacité de réaction du personnel, confronté pour la première fois à un cas -fictif- de virus de fièvre hémorragique Ebola.

Quelques instants après son arrivée, la patiente est soumise à un interrogatoire d'usage au cours duquel elle affirme avoir récemment séjourné à Conakry (Guinée), une "zone à risque". Elle évoque des symptômes qui, de fil en aiguille, éveillent les premiers soupçons d'Ebola.

"C'est une expérience de prise en charge d'un patient avec une suspicion de virus Ebola. Cela permet de se préparer à une situation délicate et d'adapter nos procédures", explique Yves Hansmann, référent médical Ebola au service des maladies infectieuses et tropicales du CHU de Strasbourg.

Depuis le début de l'épidémie, Ebola a fait près de 4.900 morts, essentiellement dans trois pays d'Afrique de l'Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone). Aucun cas avéré n'a pour l'heure été enregistré en France, mais le virus suscite l'inquiétude et pas seulement parmi le corps médical.

Selon un récent sondage BVA, 58% des personnes interrogées déclarent craindre qu'Ebola se propage à la France.

- En état d'alerte -

Si rien ne filtre de l'entretien avec la prétendue patiente, le sentiment d'appréhension supposé du personnel, qui s'affaire derrière la porte d'accès aux urgences, est néanmoins palpable dans les couloirs de l'hôpital, constate un journaliste de l'AFP.

Une heure et demie après son arrivée, le personnel est en "état d'alerte". Le diagnostic: un "cas certain" du virus Ebola.

La porte finit par s'ouvrir et la malade, une femme européenne, apparaît devant la presse et les caméras jusqu'ici tenues à l'écart, le visage couvert d'un masque de protection, tenant du bout des mains une couverture de survie.

Tirant les enseignements des cas récents de contamination du personnel aux États-Unis et en Espagne, le personnel observe des consignes de sécurité maximale.

Placée en chaise roulante, la patiente qui -pour l'exercice- s'exprime fébrilement, est accompagnée au pas de charge par un médecin et une infirmière, revêtus de combinaisons blanches spéciales anti-infectieuses, avec lunettes et gants de protection.

Pendant ce temps, le professeur communique le diagnostic par téléphone aux autorités sanitaires. "Nous avons prévenu l'ARS (Agence régionale de santé, NDLR) et l'Institut de veille sanitaire (InVS). Les deux organismes ont validé le placement de cette femme à l'isolement", explique-t-il.

La patiente, jouée par une infirmière, est emmenée au service des maladies infectieuses et tropicales, dans une chambre adaptée pour subir un prélèvement sanguin.

Dans les conditions réelles, l'échantillon serait envoyé pour analyses par transport spécial vers le centre de référence des fièvres hémorragiques basé à Lyon, point final de cet entraînement qui a duré près de deux heures, indique Yves Hansmann.

"Dans l'état actuel, l'épidémie continue de progresser, mais ce n'est pas explosif. La situation la plus probable c'est qu'on puisse être amené à prendre des cas isolés", commente le professeur à l'issue de l'exercice.

Les exercices sanitaires de ce type se multiplient dans les hôpitaux français. Lundi, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait annoncé la tenue d'un "exercice grandeur nature" dans tous les Services d'aide médicale d'urgence (Samu) dans les huit jours, pour vérifier leur capacité à accueillir un éventuel malade d'Ebola.

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