Fin de vie: la loi Leonetti pas suffisamment connue et appliquée

Fin de vie: la loi Leonetti pas suffisamment connue et appliquée©Frederick Florin

publié le 20 janvier 2015 à 18h01

"Le soulagement de la douleur n'est pas entré dans la pratique médicale" déplore Jean-Claude Ameisen, président du Comité consultatif national d'éthique

La loi Leonetti sur la fin de vie n'est pas suffisamment connue et appliquée, ont souligné mardi les participants à une table ronde parlementaire sur "l'apaisement de la douleur" alors que les députés s'apprêtent à examiner une nouvelle loi sur ce thème.

"Le soulagement de la douleur n'est pas entré dans la pratique médicale" a déploré Jean-Claude Ameisen, président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) lors d'une audition organisée par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Le président du Conseil national de l'Ordre des médecins, Patrick Bouet a reconnu lui-même une "méconnaissance de la loi Leonetti". Pour ce responsable il s'agit d'une "faute collective" qui n'est "pas seulement celle des soignants".

La loi Leonetti de 2005, interdit l'acharnement thérapeutique et autorise l'arrêt des traitements lorsqu'ils sont jugés "disproportionnés" ainsi que l'administration de substances anti-douleur pour soulager jusqu'à des doses ayant pour "effet secondaire d'abréger" la vie.

Les députés débattront mercredi de la fin de vie avant d'examiner, en mars, une proposition de loi PS-UMP bénéficiant du soutien de François Hollande sur le sujet.

La proposition rédigée par les députés Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS) prévoient principalement d'instaurer un droit à une "sédation profonde et continue" jusqu'à la mort pour certains malades.

L'administration de sédatifs - substances qui soulagent de la douleur - jusqu'au décès serait admise pour les malades conscients dont les traitements sont inefficaces et dont les jours sont comptés et pour ceux qui font l'objet de traitements qui les maintiennent artificiellement en vie.

Participant à la table ronde sur la douleur, M. Leonetti a rappelé qu'il jugeait "légitime" l'administration de sédatifs à haute dose à une personne "en phase terminale".

"Oui, en phase terminale et devant une souffrance réfractaire (aux traitements, ndlr) on a le droit de dormir pour ne pas souffrir" a estimé le député UMP, rappelant qu'il "souhaitait fortement" que le texte qu'il a élaboré avec Alain Claeys, soit adopté.

M. Leonetti a indiqué qu'une sédation profonde et continue était également envisageable pour les malades qui refusent l'acharnement thérapeutique et réclament l'arrêt des traitements ainsi que pour ceux qui sont en coma végétatif et pour lesquels il est décidé de mettre fin aux traitements.

En dévoilant leur proposition, les deux députés avaient insisté sur la forte inégalité en matière d'accès aux soins palliatifs: seulement 20% des Français qui nécessitent ces soins pour soulager les personnes en fin de traitement, y ont accès.

"Beaucoup reste encore à faire pour prendre en charge la douleur" a confirmé mardi le président de l'Ordre national des infirmiers, Didier Borniche, même si les outils anti-douleur se sont multipliés et améliorés avec par exemple les pompes à morphine qui soulagent à la demande le malade.

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