Guadeloupe: renforcement de l'épidémie de chikungunya

Guadeloupe: renforcement de l'épidémie de chikungunya©Pascal Guyot

publié le 13 juin 2014 à 20h06

Des moustiques

Plusieurs responsables guadeloupéens ont appelé vendredi la population à se mobiliser contre les moustiques, vecteurs du chikungunya qui s'est renforcé sur l'île, lors d'une conférence de presse à Pointe-à-Pitre.

La préfet du département, les présidents des Conseils régional et général et le directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS) ont tenu cette conférence alors que 6.600 nouveaux cas ont été recensés durant la première semaine de juin contre 5.190 la semaine précédente.

Soulignant que "les moustiques sont devenus résistants aux insecticides que nous utilisons", la préfet, Marcelle Pierrot, a annoncé sa décision de transformer la "cellule de suivi" du chikungunya en "cellule de crise".

Elle se réunira non plus tous les quinze jours mais chaque semaine, tandis que le "comité de gestion" réunissant les communes se réunira tous les quinze jours au lieu d'une fois par mois.

Elle a obtenu, a-t-elle indiqué, l'implication sur le terrain d'une "brigade anti-chik" de 250 jeunes en insertion, relevant du service civique ou embauchés en tant qu'emplois d'avenir pour effectuer du porte-à-porte et faire la démonstration de la capacité des moustiques à se reproduire dans les eaux stagnantes des vases à fleurs, des coupelles de pots à plantes, les réservoirs de vidage des cafetières ou les gouttières.

"Chaque personne atteinte est un réservoir à virus qui alimente les moustiques, qui à leur tour accentuent l'épidémie" a rappelé Mme Pierrot.

L'image inhabituelle de cette conférence de presse réunissant la préfet aux côtés du président de Région, l'ancien ministre Victorin Lurel, du directeur général de l'ARS et d'un vice-président du Conseil général remplaçant son président, Jacques Gillot, qui avait révélé mercredi qu'il était atteint par le "chik", voulait marquer les esprits.

"Ce n'est pas simplement une affaire d'Etat, c'est notre affaire", a souligné à ce sujet M. Lurel, tandis que le premier vice-président du Conseil général, Jacques Anselme, rappelait que "c'est un combat citoyen".

"S'agissant d'une population immune", qui n'avait jamais eu préalablement contact avec l'arbovirus du chikungunya, "on savait très bien qu'on aurait eu une épidémie", a affirmé le directeur général de l'ARS, Patrice Richard.

Interrogé sur les conséquences d'un renforcement continu de l'épidémie, il a précisé qu'"avec 7.000 cas hebdomadaires, on se dirigera vers une adaptation du système de soins pour faire face à un afflux de malades".

Selon lui, il pourrait s'agir de l'affectation d'internes en médecine dans les cabinets de médecins de ville "afin d'élargir les plages horaires de consultations": "quand notre système de soins sera débordé, on aura des renforts" venus de métropole, a-t-il ajouté.

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