L'expérimentation des "salles de shoot" durera six ans

L'expérimentation des ©Aris Messinis

publié le 29 août 2014 à 19h08

Une salle de shoot à Athènes (Grèce)

Le ministère de la Santé prévoit une expérimentation de salles de consommation de drogue à moindre risque (SCMR), parfois appelées "salles de shoot" pendant une durée de six ans, selon l'avant projet de loi relatif à la santé dont l'AFP a obtenu copie.

Le texte précise dans son article 8 que "à titre expérimental et pour une durée de six ans", des centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour toxicomanes mettront en place un espace de consommation de drogues supervisée.

"Dans cet espace, sont accueillis des usagers de stupéfiants et d'autres substances psychoactives, majeurs, qui apportent et consomment sur place ces produits, sous la supervision" de professionnels de santé et du secteur médico-social, précise le texte.

La supervision, ajoute l'avant-projet, consiste à "mettre en garde les usagers contre les pratiques à risques, à les accompagner et leur prodiguer des conseils" sur les modalités de consommation des drogues, "afin de prévenir ou de réduire les risques de transmission des infections et les autres complications sanitaires", sans que les professionnels participent "aux gestes de l'injection".

Une évaluation de l'expérimentation aura lieu six mois avant la fin.

Le projet de loi doit être présenté en Conseil des ministres en septembre, pour un examen au Parlement début 2015.

Les centres qui mettront en place ces "salles de shoot" seront désignés par arrêté du ministre chargé de la Santé.

Un centre devait voir le jour l'an dernier près de la gare du Nord à Paris, mais avait été reporté sine die en octobre quand le Conseil d'Etat a recommandé, en préalable à toute expérimentation, l'adoption d'une loi, afin d'assurer une meilleure garantie juridique au dispositif.

Le gouvernement avait donné en février 2013 son feu vert à l'expérimentation de la salle, destinée aux toxicomanes précarisés, qui se shootent dans la rue, les sanisettes, parkings ou halls d'immeubles, dans des conditions d'hygiène déplorables.

Dans son exposé des motifs, le ministère rappelle que de telles salles existent dans plusieurs pays européens (Allemagne, Luxembourg, Espagne, Suisse) et que "leur bilan est positif pour protéger" les toxicomanes "des risques sanitaires de l'injection".

Ces salles ont aussi pour objectif de "réduire les nuisances dans l'espace public", précise-t-il.

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