L'hospitalisation à domicile stagne

L'hospitalisation à domicile stagne©Jean-Sebastien Evrard

publié le 11 juin 2014 à 20h06

Des stéthoscopes dans un hôpital

L'hospitalisation à domicile stagne, s'est inquiétée mercredi la Fédération nationale des établissements d'hospitalisation à domicile (FNEHAD) alors même que le gouvernement veut développer ce type de soins, qui permet de prendre en charge un patient chez lui .

La FNEHAD alerte dans un communiqué "sur la stagnation de l'activité d'hospitalisation à domicile" (HAD) constatée sur les quatre premiers mois de 2014.

Elle évoque une "situation inquiétante", quelques mois après la parution d'une circulaire ministérielle qui prévoit le doublement du nombre de patients pris quotidiennement en charge d'ici 2018.

Une enquête menée par la FNEHAD auprès de ses adhérents relève, sur 40% de l'activit'hospitalisation à domicile, une légère régression (-0,1% par rapport à la même période 2013), là où était attendu un taux de croissance annuel supérieur à 10%.

Or, la FNEHAD estime que la HAD peut être développée, notamment pour la chimiothérapie et la chirurgie.

Pour les malades atteints d'un cancer, la FNEHAD préconise de développer la chimiothérapie à domicile car, une fois la première séance autorisée dans un établissement en cancérologie, les soins peuvent être administrés (par voie intraveineuse ou orale notamment) au domicile du patient.

Aujourd'hui, moins de 100.000 journées de chimiothérapie sont réalisées dans le cadre de la HAD pour un coût journalier d'environ 200 euros, contre plus de 2 millions de séances en hôpital de jour (coût par journée d'environ 700 euros), selon la FNEHAD.

La Fédération plaide aussi pour une hospitalisation à domicile de patients qui ont subi une intervention courte mais nécessitant une phase de soins de niveau hospitalier. Elle estime que "la durée de séjour avant ou après l'opération" peut "être ainsi sensiblement réduite". Cette chirurgie est à différencier de la chirurgie ambulatoire (sortie de l'hôpital le jour même de l'opération), que le gouvernement veut développer.

"Un certain nombre de techniques chirurgicales permettent d'envisager des durées de séjour plus courtes qu'aujourd'hui" et la HAD peut intervenir comme un "sas" qui "offre un cadre de sécurité", précise Eric Ginesy.

En 2013, 105.000 patients ont bénéficié d'une hospitalisation à domicile pour un total de 4,4 millions de journées, ce qui représente une dépense de 855 millions d'euros pour l'assurance maladie.

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