La "controverse" sur les vaccins à l'aluminium au parlement

La ©Denis Charlet

publié le 22 mai 2014 à 20h05

Une vaccination pratiquée au centre de recherche de l'Institut Pasteur de Lille, le 11 octobre 2013

La "controverse" sur les effets de l'aluminium utilisé dans les vaccins pousse la porte de l'Assemblée nationale, avec l'organisation jeudi de deux débats sur cette question polémique, toujours sans réponse scientifique ferme.

Les sels d'aluminium sont utilisés depuis les années 1920 dans les vaccins comme "adjuvants" pour déclencher une meilleure réponse immunitaire du corps et faire en sorte qu'ils soient plus efficaces.

L'aluminium est présent aujourd'hui dans de nombreux vaccins: ceux qu'on administre dès la prime enfance pour prémunir de la diphtérie, du tétanos et de la poliomyélite (DTP), ceux contre le virus de l'hépatite B ou contre le Papillomavirus humain (HPV) pour protéger de cancers.

Cet aluminium "boosteur" de réaction immunitaire provoque-t-il sur certains sujets, génétiquement prédisposés, une maladie baptisée myofasciite à macrophages, caractérisée par de grandes fatigues, des douleurs musculaires et articulaires et des troubles cognitifs?

C'est ce que soutient l'association de malades E3M qui milite pour la réintroduction de vaccins DTP sans sels d'aluminium, la reconnaissance pleine de leur maladie et un "moratoire" sur les vaccins anti-HPV pour les jeunes filles.

E3M a organisé jeudi matin, dans un bâtiment de l'Assemblée nationale, avec le soutien du Conseil régional d'Ile-de-France, un colloque intitulé "Aluminium et vaccins: l'expertise internationale nous impose d'agir" avec plusieurs chercheurs étrangers.

L'association souhaitait en particulier démontrer que cette question n'est pas qu'une polémique franco-française. Les détracteurs soulignent que la myofasciite à macrophages n'est reconnue qu'en France alors que des millions d'individus dans le monde sont vaccinés avec des vaccins à l'aluminium.

Le spécialiste israélien des maladies auto-immunes Yehuda Shoenfeld de l'université de Tel Aviv est venu exposer ses travaux sur les syndromes "ASIA" à savoir les "syndromes auto-immunitaires induits par les adjuvants".

Pour le Pr Shoenfeld, des maladies auto-immunes (réactions immunitaires disproportionnées chez certains sujets à l'encontre de leur propre organisme) peuvent s'exprimer en raison d'une prédisposition génétique ou d'un stress comme l'agression d'un adjuvant vaccinal.

-'Problématique nationale'-

Le chercheur français Romain Gherardi de l'hôpital Henri Mondor (près de Paris) travaille lui spécifiquement sur l'effet des sels d'aluminium dans le corps, avec des expérimentations sur l'animal, grâce à l'appui financier de l'Agence du médicament (ANSM).

Il a affirmé jeudi avoir reproduit pour la première fois chez des souris les symptômes de la myofasciite à macrophages. Des animaux vaccinés avec un vaccin anti-hépatite B sont devenus anxieux, apathiques et peu endurants, 135 jours après les injections, à l'image de patients souffrant de myofasciite.

Il s'agit là "d'éléments qui permet de penser qu'il existe un lien de causalité" entre cette maladie et l'adjuvant aluminique des vaccins, a déclaré le chercheur.

Dans l'après-midi, une audition publique de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPESCT) a réuni ces mêmes chercheurs, cette fois en présence de contradicteurs et des autorités sanitaires.

"Il s'agit d'une problématique nationale. Aucun pays au monde ne remet en cause la sécurité des vaccins contenant de l'aluminium", a souligné le Pr Daniel Florent, spécialiste des vaccinations à la Haute autorité de santé (HAS), organisme public et indépendant chargé des recommandations sanitaires.

Pour cet expert, il n'existe "aucune preuve de lien" entre aluminium et les symptômes de la myofasciite qui, "fait troublant", n'a jamais été observée chez des enfants alors que ces derniers sont aussi vaccinés avec sels d'aluminium.

La ministre de la Santé Marisol Touraine est intervenue en personne pour apporter son soutien à la vaccination, "l'un des plus grands succès en matière de santé publique", et mettre en garde contre des "raisonnements non scientifiques qui contribuent à des inquiétudes qui n'ont pas lieu d'être".

"Je n'ignore rien des doutes et des inquiétudes qui peuvent exister", mais "je veux rappeler mon attachement à un débat fondé sur des faits avérés". Les grandes instances sanitaires jugent que les données scientifiques "ne remettent pas en cause la sécurité des vaccins contenant de l'aluminium", a-t-elle déclaré.

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