Le recours à l'avortement diminue en France, mais se répète plus souvent

Le recours à l'avortement diminue en France, mais se répète plus souvent©afp.com

publié le 15 janvier 2015 à 09h01

Simone Veil, alors ministre de la Santé lors d'un discours sur l'avortement à l'Assemblée nationale, le 26 novembre 1974

Quarante ans après la loi Veil, les femmes ont moins recours à l'interruption volontaire de grossesse (IVG), mais les avortements répétés sont plus fréquents, selon une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) publiée jeudi.

"Après avoir diminué de 1975 à 1995, le recours à l'IVG a légèrement augmenté avant de se stabiliser à la fin des années 2000", résume l'Ined, à deux jours du 40e anniversaire de la loi dépénalisant l'IVG, le 17 janvier.

Si elle constate une baisse du recours à l'avortement, avec 0,53 IVG par femme en moyenne au cours de la vie en 2011, contre 0,66 en 1975, l'étude souligne aussi l'augmentation "continue" de la proportion d'IVG dites "répétées".

Les femmes ayant déjà avorté le font plus souvent à plusieurs reprises, même si le phénomène reste "faible en France" puisque, en 2011, seulement "9,5% des femmes ont recours deux fois à l'IVG, et 4,1% trois fois ou plus au cours de leur vie".

"Dans les années 1970, les IVG répétées représentaient moins d'une IVG sur dix", contre près de deux sur dix au début des années 2000, selon l'étude, qui s'appuie sur les bulletins obligatoirement remplis par les médecins après tout avortement depuis la loi de 1975.

Des IVG ont pu être réalisées dans les années 1970 "hors du cadre de la loi, avant sa promulgation en 1975", ce qui expliquerait la faible part d'IVG répétées pour cette période.

Mais la progression s'observe également "après les années 1980", les "IVG de rang 3", c'est à dire précédées de deux IVG, devenant également plus fréquentes, est-il noté.

Une tendance qui traduit sans doute la diversification croissante des comportements conjugaux et sexuels des femmes et "pour une part d'entre elles, au quotidien, l'usage de méthodes contraceptives insuffisamment adaptées à leur situation de vie".

Autre enseignement: la loi de 2001 qui a allongé la durée maximale de grossesse pour une IVG à 12 semaines, contre 10 auparavant, "n'a eu pour effet ni un allongement durable de la durée moyenne de grossesse au moment de l'IVG, ni une augmentation du recours à l'IVG".

A l'inverse, la diffusion de l'IVG médicamenteuse a favorisé un raccourcissement des durées de grossesse au moment de l'IVG, qui s'établissaient à 6,4 semaines en moyenne en 2011, contre 7,1 en 2002 et 6,8 en 1990.

En 2004, un décret a permis aux femmes de recourir à l'IVG médicamenteuse dans le cadre de la médecine de ville (hors hôpital et cliniques).

Depuis 2008, cette forme d'IVG est la plus fréquente. Elle représentait ainsi plus de la moitié (55%) des IVG en 2011.

Près de 210.000 avortements ont été recensés en France en 2011.

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