Les chercheurs dans la rue pour remettre la science en marche

Les chercheurs dans la rue pour remettre la science en marche©Patrick Kovarik

publié le 17 octobre 2014 à 21h10

Plusieurs milliers de chercheurs manifestent à Paris, dans le cadre du mouvement "Sciences en Marche" qui réclame davantage de moyens financiers et humains, le 17 octobre 2014

"Docteur = chômeur", "Science en marche, mais plus pour longtemps" : plusieurs milliers de scientifiques -8.000 selon les organisateurs- ont manifesté vendredi à Paris, à l'appel du collectif Sciences en marche et des organisations syndicales, pour réclamer de nouveaux moyens pour la recherche.

"Cela fait 10 ans que les chercheurs n'étaient pas descendus dans la rue", a souligné Patrick Lemaire, initiateur du mouvement, parti à vélo de Montpellier il y a trois semaines.

Le biologiste est arrivé Place d'Orléans au sein d'un groupe d'environ 150 scientifiques à vélo, chaleureusement applaudis.

"On a ressenti le soutien du public et des élus locaux", a souligné le biologiste, dressant le bilan de trois semaines de mobilisation à travers la France.

Dans le "peloton", on remarquait le neurobiologiste belge Jean Rossier, sans le gilet vert des rouleurs de Sciences en marche, mais en grande tenue d'académicien.

Le biologiste Alain Trautmann, qui avait été en 2004 le porte-parole du mouvement "Sauvons la recherche", est lui aussi venu en vélo.

Le cortège a pris la direction de la Place Vauban, près de l'Ecole militaire, derrière une banderole proclamant : "Enseignement supérieur et recherche : une autre politique est possible".

"Nous travaillons pour votre avenir", "Désolé Darwin, pas d'évolution pour toi dans la recherche", pouvait-on lire sur les banderoles. Dans le cortège, la biologie était fortement représentée, mais il y avait aussi... des philosophes.

Venus en nombre, les jeunes assuraient l'animation, mais les têtes blanches étaient loin de faire exception.

- Crédit Impôt Recherche dans le collimateur -

"On se bat parce que sans la recherche, il n'y a pas d'avenir", a déclaré à l'AFP l'astrophysicien Jean-Pierre Bibring, responsable scientifique de l'atterrisseur Philae, de la mission Rosetta.

"Ce qu'il faut, ce sont des moyens très faibles en comparaison de ce qu'on met ailleurs. Mais pour quelques moyens en moins, ce sont des avancées considérables qui sont mises en friche", a-t-il souligné.

Sciences en marche, comme d'autres initiatives parallèles, réclame davantage de crédits et la création de nouveaux emplois pour la recherche et l'enseignement supérieur, "dans une crise profonde".

Le collectif chiffre à 20 milliards d'euros sur 10 ans le "plan d'urgence" qu'il propose : augmentation des budgets de fonctionnement des universités et des organismes de recherche et plan pluriannuel de création d'emplois statutaires.

Pour le financer, il demande une réforme du Crédit Impôt Recherche, qui représente chaque année "6 milliards d'euros distribués sans aucune vision et pas beaucoup de contrôle". "Nous demandons que 2 milliards d'euros soient affectés directement à la recherche", a déclaré Patrick Lemaire.

La secrétaire d'Etat à la Recherche, Geneviève Fioraso, a opposé une fin de non-recevoir à cette proposition, faisant valoir que le CIR "n'est pas une cagnotte, c'est de l'argent qu'on ne perçoit pas".

"Demander davantage d'argent à l'Etat ne me paraît pas réaliste dans la conjoncture actuelle", a-t-elle affirmé vendredi, rappelant que "les crédits de la recherche ont été préservés".

La secrétaire d'Etat reconnaît "un problème" dans l'embauche des jeunes chercheurs, dont sont responsables "la fin des départs à la retraite des baby boomers", mais aussi "l'insuffisance de recrutements des docteurs dans le secteur privé".

Pour Mme Fioraso, les organismes de recherche doivent prendre "leurs responsabilités" et "donner la priorité à l'embauche des jeunes docteurs (...) plutôt qu'aux fins de carrière".

Science en marche en a appelé au chef de l'Etat, estimant qu'il est le seul à avoir "l'autorité pour impulser une politique visionnaire et ambitieuse" pour la recherche et l'enseignement supérieur.

Pour la suite du mouvement, Patrick Lemaire n'exclut pas des actions "plus dures". "L'Etat veut-il prendre le risque que les étudiants relaient nos demandes ?", a-t-il interrogé.

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