Les hôpitaux de Marseille écartent les critiques d'un rapport "du passé"

Les hôpitaux de Marseille écartent les critiques d'un rapport ©afp.com

publié le 29 octobre 2014 à 18h10

Un bloc opératoire dans un hôpital de Marseille, le 14 février 2012

"Une époque révolue" pour l'une, "des conneries" pour l'autre: la direction des hôpitaux de Marseille et son syndicat majoritaire FO ont rejeté mercredi les accusations de dysfonctionnements chroniques distillées dans un rapport accablant de l'Igas.

Ce document commandé en mars 2013 par la ministre de la Santé Marisol Touraine et rendu public mardi sur le site de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) donne en effet une image désastreuse de l'institution marseillaise qui emploie 15.000 salariés: gestion "archaïque", "système clientéliste", finances "inquiétantes" et "privilèges" accordés au syndicat majoritaire FO, qui agirait comme "conseil en recrutement".

Le directeur général de l'AP-HM, Jean-Jacques Romatet, a cependant pris soin de souligner que ces critiques ne le concernaient pas franchement dans la mesure où "la période analysée dans ce rapport se termine fin 2012" et qu'il a pris ses fonctions en janvier 2013.

"Un certain nombre de constats sont pour moi des constats du passé", a-t-il assuré lors d'un point presse, affirmant que ce rapport, datant de janvier 2014, parlait "d'une époque révolue".

"Je trouve normal qu'un rapport fait par une inspection générale soit rendu public. La date à laquelle il est rendu public ne m'appartient pas", a-t-il simplement relevé.

Pour FO, largement majoritaire devant la CGT, pas de doute: ce document de près de 150 pages relève "du règlement de comptes", qui ne vise qu'à "casser l'image de l'AP-HM et sa nouvelle équipe de direction". Qui en serait à l'origine? "Il y a toujours des jaloux...", répond, énigmatique, le secrétaire FO Marc Katramados. Et de fustiger un rapport "où tout est faux".

Son organisation, il est vrai, y est sérieusement étrillée. "Il convient de mettre fin à la situation réservée à une organisation syndicale (...) fût-elle majoritaire, et de la considérer comme les autres, sans privilège d'information et en évitant de lui laisser son rôle traditionnel de +conseil+ en recrutement", écrivent ainsi les inspecteurs. M. Katradamos ne s'était-il d'ailleurs pas vanté, dans une interview à La Provence en février 2011 qu'il était "le vrai patron" de l'AP-HM?

"Le patron de l'AP-HM, c'est le directeur général qui est devant vous!", a clamé mercredi M. Romatet devant les journalistes.

- "Système clientéliste" -

Révolu, aussi, selon le dirigeant, le temps du "système clientéliste", sévèrement dénoncé par l'Igas: "un grand nombre de recrutements de personnels non qualifiés est intervenu pendant de nombreuses années sur recommandations d'élus".

"Le clientélisme, c'est des conneries!", riposte le responsable FO. Et M. Romatet lui fait écho: "la gestion des ressources humaines a été repensée de la cave au plafond. Aujourd'hui, les recrutements sont faits comme dans tous les autres hôpitaux de France, avec une équipe dont je réponds comme de moi-même, il ne peut y avoir de critique sur ce point (...) Je ne fais pas de recrutement sur des raisons autres que professionnelles. Aucune personne n'est protégée à l'AP-HM, c'est clair!".

A en croire la CGT, ce "système" n'aurait pourtant pas totalement pris fin. "Ce type de recrutement continue, certes peut-être pas comme avant, mais il y a toujours des recommandations de la mairie. Certains salariés ainsi embauchés travaillent quand ils ont envie, l'encadrement a des difficultés avec eux", raconte Danielle Ceccaldi, secrétaire CGT à l'AP-HM, qui tient cependant à saluer la volonté de la nouvelle direction de "changer les choses, malgré une situation extrêmement complexe". Candidat malheureux aux municipales, le député PS Patrick Mennucci, pourfendeur de la "cogestion" FO-mairie, a lui aussi critiqué dans un communiqué mercredi ce "clientélisme" qui "plombe" l'AP-HM.

La mairie, elle, n'a pas répondu mercredi au rapport, expliquant que l'élu habilité à le faire, le sénateur UMP Bruno Gilles, membre du conseil d'administration de l'AP-HM, n'était pas joignable.

Coïncidence ou non, ces critiques interviennent en tout cas au lendemain du plan de "redressement" sur 5 ans présenté au ministère de la Santé par l'AP-HM, endetté à hauteur d'un milliard d'euros, qui "reprend les recommandations de l'Igas", selon M. Romatet. Il prône une "nouvelle organisation" permettant de réduire un déficit "structurel de 3%", rendue possible notamment par la mise en service d'un nouveau bâtiment à l'hôpital de la Timone.

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