Les médecins polonais prudents après l'opération d'un paraplégique qui remarche

Les médecins polonais prudents après l'opération d'un paraplégique qui remarche©-

publié le 22 octobre 2014 à 18h10

Le professeur Wagih el-Masri (g), regarde le patient bulgare Darek Fidyka marcher alors qu'il était autrefois paralysé au centre de réhabilitation de Wroclaw en Pologne

Les médecins polonais, qui ont réussi à faire remarcher un homme paralysé, ont annoncé mercredi qu'ils cherchaient d'autres patients, tout en avertissant qu'ils ne voulaient pas "donner de l'espoir à toutes les personnes ayant la colonne vertébrale endommagée".

Darek Fidyka, un pompier polonais de 40 ans, est la première personne au monde à se rétablir d'une rupture totale des nerfs de la colonne vertébrale. Opéré il y a deux ans, il a pu reprendre une vie presque normale, marcher avec un déambulateur, conduire une voiture.

Le genre de blessure subie par M. Fidyka "est très rare", a mis cependant en garde le chef du projet, le Dr Pawel Tabakow de l'Université médicale de Wroclaw, située dans le sud-est de la Pologne.

Le traitement mis au point à Wroclaw peut concerner "seulement des blessures provoquées par un instrument tranchant, comme une machette", a précisé son supérieur, le professeur Wlodzimierz Jarmundowicz, ajoutant qu'il ne voulait pas "donner de l'espoir à toutes les personnes ayant la colonne vertébrale endommagée".

De tels patients seront recherchés à l'échelle mondiale, grâce à deux pages internet précisant les critères de recrutement - l'une en polonais, au centre de réhabilitation Akson de Wroclaw où M. Fidyka est traité, et l'autre à l'institut britannique de l'University College de Londres (UCL) qui a collaboré avec les Polonais.

- Une "synergie" -

Les centres universitaires de Wroclaw et de Londres ont travaillé "en synergie" sur le projet depuis des années, mais c'est un hasard qui a contribué à précipiter les choses, a indiqué le Dr Tabakow.

Concrètement, les médecins ont transplanté des cellules nerveuses, dites cellules olfactives engainantes (OEC), sur la colonne vertébrale. Ces cellules ont permis aux fibres nerveuses sectionnées de se reconstituer.

Mais, alors que généralement on prélève ces cellules dans le nez du patient, cette technique a été impossible chez l'ancien pompier parce qu'il souffrait d'une inflammation des sinus. C'est ainsi que les cellules ont été prélevées dans son bulbe olfactif. Ceci a nécessité l'ouverture du crâne, un procédé considéré comme "risqué", a expliqué le médecin.

"Pour moi, c'est encore plus impressionnant que les premiers pas de l'homme sur la Lune", avait commenté la veille le professeur Geoffrey Raisman, de l'Institut de neurologie de l'UCL, un pionnier dans les travaux sur cette méthode.

Dans une interview à l'AFP mercredi, le Pr Raisman s'est montré optimiste et prudent à la fois. "Je pense que cela s'appliquera à toutes sortes de blessures à l'épine dorsale, mais nous ignorons si cette technologie peut être étendue aux lésions plus importantes à des niveaux différents. Nous devons le découvrir, mais le principe est le même".

"Un grand nombre de personnes pensent maintenant qu'elles peuvent être guéries et c'est inexact. Il faudra au minimum cinq ans et peut-être plus, avant que ce ne soit rendu possible", a poursuivi le chercheur britannique. "Tout patient doit savoir qu'il peut aller mieux ou moins bien, c'est de la recherche, ce n'est pas un traitement ni un essai clinique".

- Coup de pied au ballon -

Très ému, Darek Fidyka a assisté à la conférence de presse à Wroclaw, au cours de laquelle il a dû rappeler l'agression au couteau qu'il avait subie dans le dos en juillet 2010 de la part de l'ex-mari "alcoolique et toxicomane" de sa compagne.

"Au moment de l'agression, ma vie s'est retrouvée sens dessus dessous. Après l'intervention chirurgicale, c'est un mouvement en sens inverse", a-t-il déclaré.

"Dans ma vie quotidienne, je suis déjà capable de me mettre tout seul au lit, de m'habiller et me déshabiller sans assistance, de prendre la voiture", a-t-il raconté.

Évoquant les progrès de son traitement, il a mentionné aussi le retour des fonctions sexuelles.

"J'ai toujours du mal à réaliser ce qui se passe. Je suis un veinard, toutes proportions gardées", a-t-il insisté.

"Au départ, j'ai dit au médecin : on y va, faites ce que vous pouvez. Ça ne peut pas être pire".

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