Pharmaceutique: Servier, pénalisé par les changes, mise sur les génériques

Pharmaceutique: Servier, pénalisé par les changes, mise sur les génériques©Guillaume Souvant

publié le 21 janvier 2015 à 19h01

Un drapeau avec le logo du laboratoire Servier devant un laboratoire du groupe, près d'Orléans, en 2014

Le groupe pharmaceutique Servier veut renforcer sa performance industrielle et développer ses génériques à l'international pour retrouver la croissance après un exercice pénalisé notamment par l'effet négatif des changes, a annoncé mercredi son président Olivier Laureau.

Servier a enregistré sur son exercice 2013/14 (clos fin septembre) un chiffre d'affaires de 4 milliards d'euros, en baisse de 4,8%, et un résultat net divisé par quatre, à 77 millions. A changes constants, le repli du chiffre d'affaires est limité à 0,5%.

Pour l'année en cours, le groupe vise une croissance des ventes de 2,7% à 3% à changes constants, a dit le président de Servier, tout en soulignant que "l'impact des taux de changes est assez imprévisible".

En 2014, "une nouvelle page du groupe s'est ouverte", a affirmé lors d'une rencontre avec la presse Olivier Laureau, qui a pris les rênes de la firme après le décès en avril de son fondateur, le Dr Jacques Servier.

Le patron du deuxième laboratoire français, qui n'est pas coté en Bourse, a défini une stratégie de développement autour de trois axes: "enrichir le portefeuille produits à court terme, améliorer le performance du groupe et donner une dimension plus internationale à l'activité générique".

Dans le contexte de repli des résultats l'an dernier, Olivier Laureau veut dégager des ressources pour croître en recherche et développement et poursuivre l'ouverture à des nouveaux marchés.

Le groupe réalise déjà 90% des ventes de ses médicaments de marque à l'international, dont 58% hors d'Europe, alors que pour les génériques, l'activité est à 35% à l'international. La Russie est son premier marché, représentant 10% du chiffre d'affaires, devant la France et la Chine.

Les ventes de médicaments de marque de Servier ont totalisé 2,9 milliards d'euros tandis que les génériques (Biogaran, Egis, Pharlab) représentaient 1,1 milliard. En volumes vendus, les médicaments de marque étaient en hausse (+2,6%) l'an dernier et les génériques stables.

En 2013/14, "la performance du groupe a été stable, en dehors des effets non courants et des taux de changes", a estimé Pierre Andriot, directeur des comptes du groupe, en chiffrant à 180 millions d'euros l'impact négatif des changes sur le chiffre d'affaires.

Le bénéfice du groupe a également été pénalisé par l'amende de 331 millions d'euros que lui a infligée en juillet la Commission européenne pour avoir entravé la mise sur le marché de versions génériques de son médicament cardiovasculaire périndopril.

- L'international tire la croissance -

La France est "un marché très contraint" où les ventes sont en baisse, alors que l'international tire la croissance, a observé Olivier Laureau. D'où l'objectif d'internationaliser notamment davantage les génériques, alors que Biogaran (700 millions d'euros) est encore "très français".

Le patron de Servier se prononce cependant pour le "maintien d'une forte production en France, pharmaceutique et chimique" et souligne que "la recherche du groupe Servier reste en France" avec les trois quarts des effectifs. Le groupe emploie 5.100 personnes en France, dont 3.000 en R&D, sur 21.400 salariés dans le monde.

Mais la poursuite du niveau actuel de R&D (22% du chiffre d'affaires du groupe) passera par la croissance du chiffre d'affaires. Servier table sur le lancement de nouveaux produits. Le portefeuille en développement a été étoffé, notamment grâce aux partenariats extérieurs, et compte désormais 25 candidats médicaments en essais cliniques.

Quatre lancements sont prévus en 2014/15, six produits sont en Phase III d'essais, dernière étape avent une possible mise sur le marché, et douze sont en Phase II.

Dans le domaine industriel, Servier a mené un programme de renforcement de son site normand de Bolbec, qui fabrique des principes actifs, et pourrait produire pour d'autres laboratoires.

"La défense de l'emploi passe par tout type de solution, y compris travailler pour le compte de tiers", a expliqué M. Laureau.

Le patron de Servier a souligné l'importance que les industries de santé restent "une industrie stratégique" pour la France, en s'inquiétant de la politique de baisse des prix des médicaments. "Plus on diminue vos prix, plus ça diminue la capacité d'exportation", a-t-il affirmé.

Pour l'heure, le patron de Servier veut "construire la stratégie à 5/15 ans", une réflexion qui doit aboutir en septembre ou octobre sur des grandes orientations.

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