Professions réglementées: les pharmaciens affutent leurs arguments

Professions réglementées: les pharmaciens affutent leurs arguments©Jacques Demarthon

publié le 22 août 2014 à 19h08

L'Ordre des pharmaciens s'oppose à la réforme des professions réglementées

Les pharmaciens passent à l'offensive à l'approche de la réforme des professions réglementées, contestant vivement les conclusions d'un rapport sur lequel s'appuie le gouvernement et avançant des contre-propositions pour faire baisser les prix.

L'Ordre des pharmaciens a ainsi démonté point par point le rapport de l'Inspection générale des finances (IGF), remis en mars 2013 mais gardé secret, dans un texte mis en ligne vendredi sur son site.

L'organisation en profite pour publier les conclusions de ce rapport: "contrairement à l'IGF et au gouvernement, nous nous situons dans la transparence", justifie sa présidente Isabelle Adenot.

Le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg doit présenter en septembre un projet de loi sur le pouvoir d'achat, réformant 37 professions réglementées: huissiers, kinésithérapeutes, auto-écoles, notaires, architectes, plombiers. François Hollande a promis vendredi de faire des "annonces" la semaine prochaine, notamment sur ce sujet.

Ces professions, dont l'accès est limité par des diplômes ou la nécessité de racheter des charges existantes, pratiquent des tarifs réglementés et/ou ont un monopole pour certains actes.

Bercy s'appuie sur les conclusions de l'IGF qui, pour faire baisser les prix, suggère entre autres d'étendre aux grandes surfaces la vente de médicaments sans ordonnance ou non remboursables. Une ouverture qui permettrait de "rendre" 400 millions d'euros de pouvoir d'achat aux Français.

Faux, car le prix de ces médicaments a progressé moins vite que l'inflation, assure l'Ordre des pharmaciens.

Une note, produite en annexe de sa réponse, analyse l'évolution des prix des produits non remboursables entre 2009 et 2013. Parmi les 20 premières références vendues en 2013, 19 ont eu une augmentation moyenne annuelle inférieure à la hausse du coût de la vie.

Par exemple, le prix moyen du citrate de Betaïne a baissé de 0,3% en moyenne par an, celui de l'Humex Rhume de 0,7% et de l'Efferalgan Vitamine C de 0,2%.

En outre, délivrer des médicaments à ordonnance facultative ailleurs que dans les pharmacies présente un "danger pour la population", fait valoir l'Ordre.

- Un milliard pour le pouvoir d'achat -

Plus globalement, le rapport "est entaché par des erreurs dont le nombre et l'ampleur est édifiant et oblige à se poser la question du sérieux du travail de l'IGF", selon l'organisation.

L'IGF indique par exemple que les médicaments non remboursables ont un taux de TVA de 5,5%, alors que ce taux a été porté à 7% en 2011, rappelle-t-elle.

De même, le rapport de l'inspection recense 25.107 officines en 2010 alors qu'il y en avait 22.386, selon elle.

L'Ordre rappelle aussi que les pharmacies partagent déjà leur monopole sur certains produits. C'est par exemple le cas pour les pansements ou le sérum physiologique.

En mars, la loi sur la consommation a permis aux grandes surfaces de vendre des tests de grossesse ou des solutions pour lentilles de contact.

Quant aux médicaments non remboursés, l'Autorité de la concurrence s'était montrée favorable en décembre à une ouverture du marché mais le gouvernement avait refusé de briser le monopole des pharmaciens sur ce point.

Invité à réagir, Bercy a indiqué à l'AFP que la concertation était toujours "en cours" et rappelé que les organisations de pharmaciens avaient été reçues fin juillet.

"Le problème du rapport de l'IGF, c'est qu'il est obsolète car il a été écrit à l'automne 2012. Depuis, le gouvernement a réalisé un nombre important de réformes" qui ont transformé les pharmacies, a expliqué à l'AFP Philippe Besset, vice-président de la FSPF (syndicat majoritaire), sans remettre en cause les remarques de l'Ordre.

Outre l'autorisation récente de la vente de médicaments sur internet, la rémunération des pharmaciens a aussi évolué: moins dépendante des prix des médicaments, elle valorise désormais leurs missions de conseil.

En juillet, le ministère avait demandé aux organisations de pharmaciens de réagir au rapport de l'Igas.

Après l'Ordre, la FSPF a transmis à son tour vendredi sa réponse, contenant 20 propositions. Si elles étaient appliquées, ces mesures permettraient un gain d'un milliard d'euros en termes de pouvoir d'achat, estime-t-elle.

Parmi les suggestions, le développement des génériques sans ordonnance ou à destination des animaux, et la possibilité pour les pharmaciens de vendre des cigarettes électroniques.

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