Seconde semaine de grève des médecins, qui pèse sur les Centres 15

Seconde semaine de grève des médecins, qui pèse sur les Centres 15©Philippe Huguen

publié le 29 décembre 2014 à 19h12

Un cabinet médical de SOS Médecins en grève à Lille, le 29 décembre 2014

Médecins généralistes, spécialistes, rejoints par SOS Médecins, ont entamé lundi leur deuxième semaine de grève, qui doit se poursuivre jusqu'à mercredi, un mouvement qui pèse sur les Centres d'appels du 15 sans pour autant entraîner de difficulté d'accès aux soins.

Taxés de mener "une grève Courchevel" - s'afficher grévistes alors qu'ils se prélassent aux sports d'hiver - les médecins revendiquaient lundi, comme la semaine dernière, une mobilisation massive, "avec jusqu'à 80% et 100% de débrayage", selon la CSMF, principal syndicat.

Dans leur cabinet, dans les cliniques ou lors des gardes les soirs et la nuit, les généralistes sont appelés depuis le 23 décembre - les spécialistes depuis le 24 - à cesser toute activité pour dénoncer le projet de loi santé et exiger une revalorisation de la consultation, socle de leur rémunération.

Ils étaient plusieurs centaines à Rennes pour dire "NON au tiers payant généralisé et obligatoire" prévu dans le projet de loi santé, "NON au monopole de l'hôpital public" et "à la délégation des tâches médicales", comme la vaccination aux pharmaciens.

Les urgentistes de SOS Médecins ont rejoint lundi le bataillon des mécontents. Ils fustigent les pouvoirs accrus conférés dans le projet de loi santé aux directeurs des agences régionales de santé dans l'organisation des gardes de nuit.

Et à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), les chirurgiens libéraux ont mis leur "activité en sommeil dès à présent en solidarité avec les médecins généralistes", a indiqué à l'AFP Jacques Pinsolle, chirurgien vasculaire à la clinique Saint-Etienne. Ils ont eux-mêmes déposé un préavis de grève illimitée à partir du 5 janvier en même temps que la Fédération de l'hospitalisation privée (qui fédère 800 cliniques privées en France).

- 'Pas de difficulté dans l'accès aux soins' -

Malgré ce front syndical rare, il n'y a "pas de difficulté dans l'accès aux soins" et "quand on compare la fréquentation aux urgences maintenant par rapport aux années précédentes, on voit qu'il y a une stabilité", a une nouvelle fois assuré la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

En partie grâce aux réquisitions de médecins en ville.

Les Centres 15, qui reçoivent des appels relevant tant de cas urgents que de pathologies plus bénignes, enregistrent par contre "une très forte augmentation d'activité", +50% parfois comme à Paris, Nantes, Bordeaux, Brest, Avignon, en fin de semaine, Reims, Nancy, Metz lundi, selon François Braun, président de SAMU-Urgences de France.

Mais "sans effet boomerang pour l'instant sur les urgences". Sauf localement, avec par exemple 10 heures d'attente affichées aux urgences de l'hôpital de Bayonne, selon une source médicale.

"Il y a cinq fois plus d'activité le matin. Ce sont des gens qui appellent à l'ouverture des cabinets médicaux, qui se retrouvent devant un mur car le cabinet ne répond pas et ils se retournent alors vers le SAMU pour savoir quoi faire", explique le Dr Braun.

Ces appels "relèvent essentiellement de la médecine générale" et ne nécessitent pas de prise en charge urgente, poursuit le médecin.

- Valls appelé à la rescousse -

Alors que des syndicats dénoncent le manque de concertation et un ministère "sourd" à leur revendications, la ministre a mis en avant lundi la reprise des discussions en janvier, insistant sur sa volonté de trouver, avec les professionnels, "les moyens, concrètement, d'apaiser les inquiétudes" sur la généralisation du tiers payant.

"Nous travaillons sur les modalités de mise en œuvre du tiers-payant et je souhaite qu'elles soient les plus simples et les plus rapides possible pour les médecins".

"Les médecins généralistes vont avoir le plus grand mal à récupérer ce qu'on leur doit. Il va falloir qu'ils passent des heures à régulariser les papiers entre la sécurité sociale et les 600 complémentaires qui sont sur le marché", craint toutefois le Dr Pinsolle.

Les médecins en appellent au Premier ministre, pour qu'il prenne la main sur le dossier.

D'ores et déjà, les médecins sont à nouveau appelés à la grève les 5 et 6 janvier et des actions sont envisagées, comme la grève des télétransmissions à la Sécu de feuilles de soins.

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