Toulouse: une maison d'accueil pour patients et familles modestes

Toulouse: une maison d'accueil pour patients et familles modestes©afp.com

publié le 28 novembre 2014 à 16h11

Capture d'une vidéo de l'AFP réalisée le 27 novembre 2014

A la Maison d'accueil du Laurier rose à Toulouse, on craint que ce type de structures, hébergeant sans but lucratif familles et patients, soit oublié dans la loi sur les "hôtels hospitaliers", des résidences commerciales qui logent les malades seuls et non leurs proches.

"Pour moi et ma famille, ça a été salutaire" : Badiène Henehene, 41 ans, fréquente le Laurier rose depuis son accouchement délicat de l'aînée, Anaëlle, "bientôt six ans", précise fièrement la fillette.

"J'ai été accueillie en pleine nuit car j'avais des contractions, avec trois semaines d'avance", se souvient la mère. Elle vient tout juste d'avoir une longue consultation pour sa cadette Maya, "deux ans le mois prochain", endormie dans sa poussette.

"Je suis venue ici tous les mois depuis sa naissance, car elle avait une déficience de globules rouges", lance la mère en pointant la fillette aux tresses terminées de perles roses.

"C'est beaucoup de stress mais ici, on peut se poser et poser la petite", dit-elle en allongeant Maya sur le l double de la chambre du Laurier, située à 200 m de l'hôpital pour enfants de Purpan, dans l'ouest de Toulouse. Dans le sud de la Ville rose, une autre maison, le Vallon, accueille les patients de Rangueil.

Or les "accompagnants" comme Badiène, parents ou proches de patients, sont oubliés dans le projet de loi en discussion au Parlement sur les "hôtels hospitaliers" (HH).

La nouvelle loi, qui fait partie du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2015, prévoit l'expérimentation durant trois ans de ces structures d'hébergement, implantées à côté des hôpitaux, qui doivent permettre de loger des malades ambulatoires, économisant ainsi sur le logement en chambre d'hôpital, très coûteux.

Mais "quid des familles et proches de patients"?, se demandent les Maisons d'accueil (MA). Ces solutions d'hébergement accueillent tout au plus 25% de malades ambulatoires, le reste étant formé d'"accompagnants".

Associations à but non lucratif, elles offrent pour une somme modique un hébergement aux proches de malades.

"C'est très pratique car l'hôpital est tout proche et on paie 34 euros pour deux", raconte Carolina Cuberes-Alieu, 50 ans, venue d'Andorre avec sa mère, Joana Alieu-Sanchez, 73 ans, soutenir son père qui vient se faire retirer une stomie (une poche de recueil des selles).

"Mon fils a dû aller à l'hôtel car il n'y avait plus de place. Il paie 59 euros", résume-t-elle.

"L'accueil des familles est tout aussi important que celui des patients ambulatoires", dit Jean-Paul Esquerré, président de l'Association Le Laurier Rose.

Les médecins eux-mêmes soulignent à l'envi que la présence des proches favorise la guérison.

- Un visage humain -

La maison d'accueil offre un visage humain que l'hôtel hospitalier, qui peut faire partie d'une grande chaîne hôtelière, est loin d'avoir.

"Un hôtel hospitalier est commercial", résume Marie-Christine Louchet, secrétaire générale de la Fédération nationale des établissements d'accueil de familles d'hospitalisés (FNEAFH), qui regroupe 37 MA sur la soixantaine dénombrées en France.

"Il faut qu'on soit pris en charge et qu'on nous reconnaisse de manière juridique", ajoute-t-elle à l'AFP. Elle s'inquiète que les HH opposent aux MA les lois sur la concurrence, ce qui empêcherait ces dernières de pratiquer des tarifs sociaux.

"Un hôtel hospitalier, ce sont des chambres, une structure anonyme et froide", explique M. Esquerré. "Ici, on est accueilli par des bénévoles (une quarantaine au total). Nous sommes à leur écoute", ajoute l'ancien médecin.

"Ça m'a sauvé la vie", confesse Catherine Carton, 51 ans, qui fréquente le Laurier depuis 2013, après un grave accident de voiture et de nombreuses complications. Cette mère de famille célibataire fait régulièrement la navette entre le Pays Basque où elle vit et Toulouse.

"J'avais des pensées suicidaires. Ici, on m'a pris la main. Ce n'est pas la chambre qui compte, c'est toute l'humanité", dit-elle en se préparant une salade riz-tomates-thon sur la table de la cuisine commune.

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